C2D : des réalisations concrètes grâce aux 967 milliards investis en 20 ans

Le bilan de la mise en œuvre de ce mécanisme innovant de coopération entre le Cameroun et la France, le mardi 09 juin 2026 à Yaoundé, au cours de la 17ème session de son Comité d’Orientation et de Suivi (COS C2D), sous la présidence des ministres des Finances, de celui l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire et de l’Ambassadeur de France au Cameroun, co-présidents du COS-C2D.

« 20 ans, ce n’est pas rien ». Ces propos  de S.E. Sylvain Riquier,  Ambassadeur de France au Cameroun, illustrent à eux seuls de l’impact du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), mécanisme innovant de coopération entre le Cameroun et la France, sur le développement au cours des 20 dernières années. La tenue de la 17ème session de son Comité d’Orientation et de Suivi (COS C2D), en pleine célébration de ce 20e anniversaire, a permis de dresser le bilan de deux décennies de mise en œuvre du C2D, d’apprécier les résultats obtenus dans les différents secteurs d’intervention et d’examiner l’état d’avancement des programmes et projets actuellement en cours d’exécution. Les échanges ont également porté sur les perspectives de consolidation des acquis enregistrés grâce à ce partenariat exemplaire entre le Cameroun et la France.

Et depuis la signature du premier C2D en 2006, ce mécanisme a permis de mobiliser d’importantes ressources en faveur du développement du Cameroun, soit 967 milliards investis dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’agriculture et le développement rural, la santé, l’éducation et la formation professionnelle, ainsi que le développement urbain. Le troisième C2D, signé le 30 juin 2016 à Yaoundé, dispose d’une enveloppe de 401 milliards de FCFA, soit plus de 600 millions d’euros, ce qui en fait le plus important des trois C2D mis en œuvre au Cameroun. Et le déblocage de la dernière tranche de ce mécanisme est annoncé pour l’année prochaine.

 Mais déjà, comme l’a rassuré le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, « le gouvernement qui reprend tout en même pour la suite. Si des bâtiments ont été construits, si des ponts ont été construits, si des ouvrages d’art ont été construits, on ne va pas tout le temps se retourner vers la France pour dire venez maintenant aménager, venez réparer, venez faire ceci, venez faire cela. Ce qui est le plus important, c’est que c’est une expérience qui est positive et le gouvernement se donne le temps de réfléchir sur ce qui a lieu de faire pour maximiser et pour multiplier ce type d’initiative ». Un avis partagé par S.E. Sylvain Riquier, qui pense que « L’enjeu maintenant, c’est celui de la pérennisation. Je crois qu’il y a là-dessus une volonté des autorités camerounaises d’aller de l’avant, parce qu’il y a le temps des projets et des partenariats, et puis ensuite, il y a le temps de l’appropriation par les autorités du pays et par la population. Je crois que nous y sommes aujourd’hui ».

Plus de 339 milliards de FCFA dans les infrastructures routières

Parmi les réalisations concrètes que revendique en 20 ans de mise en œuvre, l’on cite plus de 339 milliards de FCFA investis dans six programmes structurants couvrant les routes, les aménagements urbains, la lutte contre les inondations et la modernisation des grandes métropoles. Le programme C2D-Routier a contribué à la réhabilitation du réseau routier national grâce à la construction de 125 ouvrages d’art et à l’aménagement de 170 kilomètres de pistes rurales, favorisant ainsi le désenclavement des zones de production et l’amélioration des échanges économiques. Dans les villes de Douala et Yaoundé, le programme C2D-Urbain a permis la réhabilitation de plusieurs axes structurants et le désenclavement de quartiers populaires, améliorant les conditions de déplacement de millions d’usagers.

 À Douala, les investissements consacrés au drainage pluvial ont permis la construction de vastes réseaux d’évacuation des eaux, réduisant les risques d’inondation, tout en améliorant l’environnement urbain à travers la création de voies de desserte et d’espaces publics. Dans les capitales régionales de Bafoussam, Bertoua, Garoua, Bamenda et Maroua, le C2D a financé la réalisation de routes, de forages, de marchés, d’équipements d’éclairage public et d’infrastructures sanitaires, rapprochant les services de base des populations.

Le deuxième pont sur le Wouri demeure l’une des réalisations emblématiques du partenariat Cameroun France. Cet ouvrage majeur contribue à fluidifier le trafic vers le port de Douala et à renforcer le rôle économique stratégique de la capitale économique. Enfin, le programme Yaoundé Cœur de Ville poursuit la modernisation de la capitale à travers la réhabilitation de carrefours et de gares routières ainsi que des aménagements destinés à améliorer durablement la mobilité urbaine.

Plus de 114 milliards de FCFA pour le développement du capital humain

Le développement du capital humain constitue l’une des priorités majeures du C2D. À travers plus de 114 milliards de FCFA investis dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Ce partenariat a contribué à améliorer l’accès aux soins et à renforcer l’offre éducative sur l’ensemble du territoire. Dans le secteur de la santé, les interventions ont porté sur le renforcement du système sanitaire, la lutte contre les maladies transmissibles et l’amélioration de la prise en charge des populations les plus vulnérables. Les programmes ont permis la fourniture d’équipements médicaux, l’appui aux réseaux confessionnels de santé, le recrutement de personnels et la distribution de plus de 350 000 chèques santé au bénéfice des femmes enceintes.

 Dans le domaine de l’éducation, le C2D a accompagné la politique de scolarisation universelle à travers la contractualisation de plus de 37 000 instituteurs dans les zones déficitaires. Plus de 1 200 salles de classe ont été construites, plusieurs centaines réhabilitées et des milliers d’équipements pédagogiques distribués. Ces investissements ont contribué à améliorer l’accès à une éducation de qualité pour les enfants camerounais, notamment dans les zones les plus défavorisées.

Plus de 76 milliards de FCFA pour la formation et insertion professionnelle

 Face aux défis de l’emploi des jeunes, le C2D a soutenu la mise en place de dispositifs innovants de formation professionnelle et d’insertion économique. Plus de 76 milliards de FCFA ont été mobilisés pour renforcer les compétences des jeunes et répondre aux besoins du marché du travail. Dans le secteur de la formation professionnelle, trois Centres de Formation des Métiers ont été construits et mis en service à Bandjoun, Bertoua et Maroua. Ces infrastructures contribuent à former une main-d’œuvre qualifiée dans des domaines porteurs pour l’économie nationale. Le programme AFOP a quant à lui profondément transformé la formation agricole au Cameroun. Plus de 21 000 jeunes ont été formés aux métiers de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, tandis que près de 5 000 ont bénéficié d’un accompagnement à l’insertion professionnelle. Cette dynamique a favorisé la création d’activités génératrices de revenus et renforcé l’attractivité des métiers ruraux auprès des jeunes.

Plus de 315 000 exploitations familiales agropastorales accompagnées

Secteur stratégique pour l’économie nationale, l’agriculture a bénéficié d’investissements importants à travers sept programmes complémentaires couvrant le conseil agricole, la gestion durable des ressources naturelles, la recherche et le développement local. Le programme ACEFA a accompagné plus de 315 000 exploitations familiales agropastorales et permis le financement de milliers de projets d’investissement productifs. Cette action a contribué à améliorer les revenus des producteurs et la compétitivité des filières agricoles. Dans les régions septentrionales, les programmes ESA2 et ASGIRAP ont soutenu la restauration des sols, la lutte contre la désertification et la gestion concertée des ressources agropastorales. Des milliers d’hectares ont été réhabilités et plusieurs millions d’arbres plantés, renforçant ainsi la résilience des populations face aux changements climatiques.

 Le Programme d’Appui à la Recherche Agricole a permis le développement de variétés améliorées adaptées aux réalités locales ainsi que la diffusion d’innovations agricoles au profit des producteurs. Le C2D a également accompagné le renforcement des capacités des administrations sectorielles à travers le programme AMO, tout en soutenant la gestion durable des forêts avec le PSFE. Enfin, le Programme National de Développement Participatif (PNDP) a permis la réalisation de milliers de microprojets communautaires et le renforcement des capacités des collectivités territoriales dans le cadre du processus de décentralisation.

Le patrimoine culturel camerounais préservé

La culture constitue un levier essentiel de cohésion sociale, d’identité nationale et de développement économique. À travers le programme C2D-Culture, le partenariat a soutenu la préservation du patrimoine culturel camerounais et le développement des industries créatives. Les interventions ont notamment permis la modernisation du Musée national, la restauration de ses infrastructures patrimoniales et l’amélioration de ses espaces d’exposition. Le programme a également soutenu la promotion du cinéma camerounais à travers l’initiative « Shoot in Cameroon » ainsi que l’organisation de projections culturelles dans plusieurs localités du pays. Ces actions contribuent à renforcer l’accès des populations à la culture tout en valorisant la richesse et la diversité du patrimoine national.

Des réformes institutionnelles destinées à améliorer la gouvernance publique

Le C2D accompagne également les réformes institutionnelles destinées à améliorer la gouvernance publique et la qualité des services rendus aux citoyens. À travers le Programmes d’Appui à la Gouvernance Financière, le partenariat soutient la modernisation de la comptabilité de l’État, l’amélioration de la gestion budgétaire et le renforcement des capacités des administrations publiques. Les appuis budgétaires sectoriels ont permis d’accompagner les politiques publiques dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale. Des centaines de milliers de ménages ont bénéficié de transferts monétaires et de programmes à haute intensité de main-d’œuvre, renforçant ainsi la résilience des populations les plus vulnérables.

Dans le domaine de la recherche, le Centre en Biogéosciences de l’Environnement contribuera à renforcer la connaissance scientifique des dynamiques climatiques et environnementales en Afrique centrale. Enfin, les programmes RECORD et REDECA accompagnent respectivement la modernisation du système d’état civil et le renforcement de la décentralisation, deux leviers essentiels pour rapprocher l’administration des citoyens et améliorer la gouvernance locale.

Blaise Nnang

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