Port de Kribi: 521 milliards de FCFA à investir sur 15 ans pour la Zone industrielle intégrée

Dans une tribune publiée à l’occasion du 20 mai dernier, le Directeur général du Port autonome de Kribi, Patrice Melom, présente ce projet structurant qui a effectivement démarré par la création, le 26 février 2026 de Kribi Port Industrial Zone (KPIZ), comme celui faire de Kribi, le poumon industriel de l’Afrique centrale et l’un des hubs logistiques les plus compétitifs du Golfe de Guinée.

Il est actuellement le projet phare de la zone portuaire de Kribi : l’aménagement d’une Zone Industrielle Intégrée (ZIIP). Ce projet structurant qui a effectivement démarré par la création, le 26 février 2026, de Kribi Port Industrial Zone (KPIZ). Dans une tribune publiée par le Directeur général du Port autonome de Kribi, à l’occasion du 20 mai dernier, Patrice Melom donne des précisions sur les avantages attenus escomptés sur ce projet. Avec une enveloppe d’investissements attendus estimée à 521 milliards de FCFA sur 15 ans, la ZIIP, vante le DG du PAK, s’affirme d’emblée comme l’un des projets industriels les plus ambitieux jamais portés sur le sol camerounais. Sachant qu’il n’y a pas d’industrie sans infrastructures de base, Patrice Melom informe que le PAK a aussi lancé d’importants projets visant à doter la future zone de toutes les facilités nécessaires, notamment l’alimentation en énergie, en eau potable, en gaz et en télécommunications, afin de s’arrimer aux meilleurs standards internationaux.

Démarré effectivement, le 26 février 2026, avec la création de KPIZ, le Cameroun, précise-t-on, avec le développement d’une ZIIP, franchit une étape véritablement décisive dans sa marche résolue vers l’émergence économique. Bien au-delà d’une simple emprise foncière, ce projet structurant, vante-t-on,  incarne une ambition nationale assumée : faire de Kribi, le poumon industriel de l’Afrique centrale et l’un des hubs logistiques les plus compétitifs du Golfe de Guinée. Étendue sur une superficie de plus de 4 000 hectares, la ZIIP, informe-t-on, n’est pas un assemblage d’espaces viabilisés, c’est un véritable écosystème industriel intégré, méticuleusement pensé pour accueillir aussi bien les industries de transformation lourde-métallurgie, pétrochimie, cimenterie, agro-industrie, transformation du bois-que les unités de transformation légère à forte valeur ajoutée.

Deux infrastructures importantes annoncées

Selon le DG du PAK,  les perspectives immédiates du PAK s’articulent également autour de deux infrastructures importantes appelées à transformer durablement le paysage économique national. Le premier chantier est la construction du terminal minéralier, infrastructure, selon lui, indispensable à la valorisation et à l’exportation des immenses richesses du sous-sol camerounais : le fer de Mbalam Nabeba et de Grand-Zambi, la bauxite de Minim-Martap, ainsi que les ressources stratégiques de Ngovayang, de Nkout et de Lobé Kribi. Mais ce terminal ne se contentera pas d’évacuer des minerais bruts : il sera le point d’ancrage d’une véritable chaîne de valeur de transformation locale.

Le second chantier, apprend-on, est le terminal hydrocarbures, qui constituera un pas décisif pour sécuriser les flux énergétiques, consolider le stock stratégique national et renforcer la résilience du pays face aux turbulences du marché international des produits pétroliers. Au-delà de la seule souveraineté énergétique camerounaise, ce terminal, indique-t-on, positionnera Kribi comme une plateforme énergétique de redistribution régionale, au service direct des pays enclavés. Le Port de Kribi, selon le DG du PAK, s’impose ainsi comme la porte naturelle d’accès à la mer pour le Tchad, la République centrafricaine et le Nord du Congo et devient ainsi un instrument concret d’intégration régionale, au cœur de la CEMAC et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

En adossant cette zone au cadre rénové de la loi de 2025 portant régime des incitations à l’investissement, le Cameroun, selon Patrice Melom, offre désormais aux porteurs de projets un environnement d’affaires lisible, prévisible et résolument compétitif : incitations fiscales et douanières dérogatoires, guichet unique de facilitation, sécurisation juridique renforcée des investissements, mécanismes modernisés de partenariat public privé. Kribi se positionne ainsi, comme une terre d’opportunités permanentes, où convergent la volonté politique au plus haut niveau de l’État et l’excellence des infrastructures portuaires. Cette dynamique, précise-t-on, s’inscrit pleinement dans les orientations de la Stratégie nationale de développement (SND30) et matérialise la vision présidentielle d’un « Cameroun, pays émergent à l’horizon 2035 ».

Mais, pour le DG du PAK, le développement ne s’arrête pas à l’économie. Il passe aussi par l’humain. C’est pourquoi des actions sont menées dans l’éducation, la formation et l’accompagnement des communautés locales, pour que chacun puisse bénéficier de cette dynamique. Au final, le Port de Kribi illustre, parmi d’autres infrastructures, la contribution que peuvent apporter certains projets au développement économique, notamment à travers la création de richesses, le soutien aux finances publiques et la création d’emplois.

350 milliards FCFA de recettes douanières directes collectées en 2025

Comme le rappelle le DG du PAK, aujourd’hui, le port de Kribi est devenu un véritable moteur économique. En 2025, il a dépassé les 12 millions de tonnes de marchandises traitées, avec plus de 500 000 conteneurs. Mais au-delà des chiffres, cela veut surtout dire plus d’activités, plus d’échanges et plus d’opportunités pour le pays. Cela a aussi un impact direct sur les finances publiques. Les opérations portuaires et le commerce qui en découle génèrent des recettes douanières importantes, qui viennent alimenter les caisses de l’État et soutenir le financement des politiques publiques, des infrastructures et des services essentiels. 350 milliards de recettes douanières directes ont ainsi été collectées en 2025. Un record, de l’avis de Patrice Melom. Sur le plan de l’emploi, les retombées sont déjà visibles. Plus de 5 000 emplois directs et autant d’emplois indirects sont liés aux activités du port aujourd’hui. Et avec le développement de la zone industrielle, ce sont à terme plus de 100 000 emplois supplémentaires qui sont attendus.

B. Essama

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