Ingénierie économique : le Cameroun mise sur l’expertise nationale pour bâtir sa compétitivité économique

Le Mémorandum d’entente (MoU) signé, le 18 février dernier à Yaoundé, entre les ministères du Commerce et celui de l’Enseignement supérieur au profit de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé (ENSPY), a pour objectifs : la valorisation du « Made in Cameroon ; la surveillance intelligente des marchés ; l’amélioration du contrôle des instruments de mesure et le développement des exportations.

C’est « l’acte de naissance d’une alliance stratégique entre le savoir scientifique et le dynamisme commercial ». C’est ainsi que Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce a résumé le Mémorandum d’entente (MoU) signé entre son département ministériel et celui de l’Enseignement supérieur au profit de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé (ENSPY). Un partenariat qui repose sur quatre domaines d’intervention aux contours bien définis, chacun répondant à un impératif concret du commerce camerounais.

Dans un premier temps, il est question de valoriser le « Made in Cameroon ». L’accord engage l’ENSPY à renforcer les capacités techniques des opérateurs économiques en matière de transformation, de normalisation et de conformité aux standards internationaux. L’objectif est ambitieux : faire du label national camerounais, un synonyme de rigueur et de fiabilité technologique sur les marchés régionaux et mondiaux. Le deuxième axe porte sur la surveillance intelligente des marchés. En mobilisant, via l’Ecole nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, l’ingénierie des systèmes, le Big Data et les technologies numériques, le ministère du Commerce, précise-t-on, entend moderniser substantiellement ses dispositifs de contrôle pour mieux traquer la fraude et la contrefaçon, fléaux qui gangrènent encore trop souvent les circuits commerciaux nationaux.

Le troisième pilier de ce partenariat concerne le volet métrologique. La collaboration avec l’ENSPY permettra d’améliorer le contrôle des instruments de mesure, garantissant ainsi la transparence des transactions dans les marchés comme dans les stations-service, au bénéfice direct du consommateur. Et enfin, le quatrième domaine cible le développement des exportations. Il s’agit d’outiller techniquement les producteurs et transformateurs pour les rendre plus compétitifs et capables de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales. Un enjeu important à l’heure où le continent africain se prépare à tirer pleinement profit de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), rappelle-t-on au Mincommerce.

L’ENSPY, un véritable laboratoire d’ingénierie économique

Et, c’est précisément dans ce contexte continental que le Ministre Luc Magloire Mbarga Atangana a replacé ce partenariat. La ZLECAf, avec ses 1,3 milliard de consommateurs, exige du Cameroun qu’il opère une mue profonde : passer d’une économie exportatrice de matières premières à une économie de la valeur ajoutée, de la qualité certifiée et de l’innovation. Un défi colossal que ce MoU entend contribuer à relever en faisant de l’ENSPY, un véritable laboratoire d’ingénierie économique. Le ministre du Commerce attend de l’École polytechnique qu’elle s’attelle concrètement à la modélisation d’outils d’analyse de marché, à la digitalisation des processus commerciaux et à la conception de solutions technologiques taillées aux réalités du tissu économique camerounais.

Pour le Secrétaire Général du ministère de l’Enseignement supérieur, le Pr Mohamadou Guidado, représentant du Ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, il est question de « Produire localement. Transformer localement. Consommer localement. Pour réduire notre dépendance extérieure. Créer des emplois durables et accroître la richesse nationale », a-t-il martelé. Ce qui résume la philosophie de la politique d’import-substitution que le Cameroun a érigée en priorité stratégique. Et d’ajouter que ce partenariat est « un levier pour l’innovation, un levier pour la compétitivité, un levier pour la souveraineté économique », créant ce pont indispensable « entre laboratoires et marchés, entre chercheurs et commerçants, entre étudiants et industriels ».

B. N

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