Maïs : vers la suspension par le Cameroun des importations

Dans une correspondance adressée, le 8 mai 2026 à son homologue du ministère de l’Agriculture et du développement rural, Gabriel Mbairobe, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, plaide pour une suspension des importations de maïs par le Cameroun, suite aux plaintes des producteurs locaux dénonçant la mévente de leurs produits.

L’on pourrait donc bientôt voir suspendues les importations de maïs au Cameroun. En effet, suite aux plaintes des producteurs locaux dénonçant la mévente de leurs produits, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a engagé un plaidoyer auprès de son homologue du ministère de l’Agriculture et du développement rural, Gabriel Mbairobe, pour une suspension des importations de maïs par le Cameroun.

« Faisant suite à la réunion interministérielle que le Premier ministre a présidée le 7 mai 2026 à son cabinet, au cours de laquelle la question des importations massives du maïs, qui contrastent avec la mévente de la production locale, a été évoquée, j’ai l’honneur de vous suggérer d’instruire la suspension, jusqu’à nouvel avis, de la délivrance des permis d’importation de ce produit par la direction de la réglementation et du contrôle qualité des intrants et des produits agricoles, concomitamment à la suspension des importations en cours, au titre des mesures de sauvegarde », écrit  le ministre Mbarga Atangana, dans une correspondance adressée, le 8 mai 2026 à Gabriel Mbairobe.

En d’autres termes, pour permettre l’écoulement de la production locale de maïs, le Ministre Mbarga Atangana suggère que non seulement de nouvelles autorisations d’importation ne soient pas délivrées, mais également, que les effets de celles déjà délivrées par le ministère de l’Agriculture soient  suspendues, pour empêcher que leurs détenteurs les utilise.

72 586 tonnes maïs importées pour 10,2 milliards de FCFA en 2025

En rappel, en 2024 et 2025, les achats de maïs à l’étranger ont davantage explosé, selon l’Institut national de la statistique (INS) : 81 233 tonnes pour une dépense d’un peu plus de 11 milliards de FCFA en 2024, avant un léger fléchissement à 72 586 tonnes pour des dépenses d’importation de 10,2 milliards de FCFA en 2025. Cette préférence des industriels camerounais pour les importations s’explique généralement par des prix plus attractifs du maïs importé. Illustration: selon les plateformes spécialisées sur les matières premières, le cours de la tonne de maïs importée oscillait par exemple entre 131 000 à 155 000 FCFA – au mois de mai 2026, contre 140 000 à  255 000 FCFA pour le produit local, selon la localité, la qualité (blanc ou jaune) et la période de l’année, révèlent les données du ministère de l’Agriculture.

Selon les opérateurs de la filière, cet écart entre les prix résulte de la faiblesse des rendements au Cameroun, en raison du faible accès aux semences de qualité. En effet, apprend-on officiellement, avec un rendement moyen de 1,8 tonne à l’hectare en 2023, le Cameroun reste loin des standards mondiaux de 5,9 tonnes à l’hectare, et des performances de pays africains comme l’Afrique du Sud, qui atteint un rendement de 6,4 tonnes à l’hectare. Cette faiblesse des rendements contribue à alourdir le coût de production à l’hectare estimé à environ 428 000 FCFA au Cameroun. Ce coût est jugé élevé, en comparaison avec la moyenne en Europe et en Amérique, où nombre de producteurs sont en plus subventionnés.

B. N

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