Import-substitution : 13,5 milliards de FCFA pour booster la production locale du riz, poisson, maïs et lait en 2025

Des documents contractuels ont en effet été signés, le 14 août 2025, entre l’Etat du Cameroun, représenté par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey et certaines structures opérationnelles  publiques dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique  (PIISAH).

C’est un soutien financier conséquent de l’Etat pour soutenir la politique d’import-substitution au Cameroun. 9,2 milliards de FCFA au profit de la Banque Camerounaise des PME (BC-PME), et 4,3 milliards de FCFA pour la Sodepa ; l’Irad ; UNDVA ; Office céréalier ; les projets Viva Logone et Viva Bénoué. Soit en tout, 13,5 milliards de FCFA pour soutenir ces structures opérationnelles publiques impliquées dans la mise en œuvre du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH). Pour Amadou Aman, DGA de la BC-PME, ce sont des «…des ressources substantielles très importantes à mettre à la disposition du secteur privé dans les spéculations vues tout à l’heure avec le ministre. Ceci relance fondamentalement la Banque dans une nouvelle orientation plus conforme à son objectif, plus conforme à sa pratique ».

Le PIISAH, comme l’a rappelé Alamine Ousmane Mey, « a pour but évidemment, de permettre au Cameroun d’économiser de précieuses ressources, de renforcer sa souveraineté alimentaire, de réduire l’impact négatif des importations sur la balance commerciale, à travers notamment l’augmentation de la production agro-pastorale et halieutique, ainsi que la transformation locale des produits agricoles. Dans cette dynamique, le Cameroun renforce opportunément l’intégration des chaînes de valeur et crée davantage des emplois pour sa jeunesse ». En effet, faut-il le rappeler, en importation des biens alimentaires, le Cameroun dépensait en moyenne 3 000 milliards de FCFA par an entre 2013 et 2021. La facture a atteint 4 000 milliards en 2022 avec la survenance de la pandémie du Covid-19. Ce qui a considérablement détérioré la balance commerciale du Cameroun. Le déficit était évalué à environ 1 500 milliards de FCFA en 2022. Cette situation découle du volume considérable des importations de certains produits, tels que le huile, le poisson, le blé, le maïs, l’huile de pâle, le lait.

S’agissant du riz, le Cameroun a dépensé environ 265 milliards de FCFA pour importer plus de 840 000 tonnes en 2022, bien que la production soit suivie d’une tendance haussière depuis l’année 2014. Pour ce qui est du poisson, si la production nationale a connu une augmentation depuis l’année 2015, les importations ont représenté en volume de plus de 240 000 tonnes en 2022. Le coût estimé est de plus de 200 milliards de FCFA.

A travers le PIISAH, le gouvernement projette donc l’augmentation de la production des denrées à forte consommation telles que le riz, le poisson, le maïs et le lait, tout en garantissant une gestion des périodes de soudure qui permette à la fois de satisfaire le marché, mais aussi de le satisfaire de manière abordable, compte tenu du pouvoir d’achat des populations. Pour ce qui est du riz par exemple, l’optique est de satisfaire la demande nationale évaluée à plus de 600 000 tonnes. Il est question de doubler sa production pour la porter de 500 000 tonnes actuellement à peu près 250 000 tonnes. Pour ce qui est du poisson, l’ambition des pouvoirs publics est de couvrir largement le besoin national estimé à plus de 300 000 tonnes, etc.

B. E

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