Yaoundé-Douala : 4,97 milliards de FCFA pour l’entretien en 2026

Exécutés par China First Highway Engineering Company Cameroon (CFHEC), ces travaux d’entretien portent sur les 236 km de cet axe et sont prévus pour une durée de trois mois. Le montant de l’intervention s’élève à 4,97 milliards de FCFA TTC, sur financement du Budget d’investissement public du ministère des Travaux publics, exercices 2026 et 2027.

Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, l’a lui-même rappelé lors de sa descente sur le site, la semaine dernière, « la route Yaoundé-Douala a atteint sa durée de vie et doit être reconstruite pour répondre aux exigences actuelles du trafic et aux nouvelles contraintes climatiques ». Et donc, « Cette intervention est une phase de maintien de la circulation avant la reconstruction complète de la route ». En effet, d’un coût de 4,97 milliards de FCFA TTC, sur financement du Budget d’investissement public du ministère des Travaux publics, exercices 2026 et 2027, les travaux d’entretien sur cet axe ont été confiés à l’entreprise, China First Highway Engineering Company Cameroon (CFHEC), et portent sur les 236 km de cet axe et sont prévus pour une durée de trois mois.

Depuis sa construction, informe-t-on au ministère des Travaux publics, le trafic a fortement augmenté, en raison principalement de la desserte du port de Douala. La chaussée, initialement dimensionnée pour des niveaux de trafic moins importants, est aujourd’hui soumise à des charges beaucoup plus élevées. Les fortes pluies enregistrées ces dernières années viennent accentuer les aléas enregistrés sur l’axe et rendent urgente l’amélioration des dispositifs de drainage. Dans cette perspective, le gouvernement, apprend-on, a entrepris et mis en route les préparatifs de la reconstruction. Les études techniques sont disponibles depuis deux ans et plusieurs partenaires au développement, sous le lead de la Banque mondiale sont disposés à financer ce projet. La section Yaoundé-Douala s’inscrit dans le projet plus large de réalisation du corridor Douala-Bangui, long de 537 km.

CFHEC est donc mobilisée pour l’entretien permanent de l’axe. Les interventions déjà réalisées ont permis à date de renforcer certaines zones dégradées. À la Dibamba, qui est l’un des points critiques de la section en raison de sa situation marécageuse, la solution technique prévoit un relèvement de la ligne rouge de la chaussée pour  mieux canaliser les eaux.

Le traitement envisagé comprend pour se faire une déviation avec 50 cm de pouzzolane et 20 cm de matériau 0/100, puis une structure de chaussée composée de 40 cm de pouzzolane, 30 cm de grave concassée améliorée au ciment et 13 cm de pavés sur un lit de sable de 5 cm. Le ministre des Travaux publics a prescrit à l’entreprise et à la mission de contrôle de proposer un projet d’exécution pour le traitement définitif de cette zone et des autres points appelés à recevoir des pavés. Des équipes de veille devront également assurer un suivi régulier de l’état des réparations et de l’approvisionnement en matériaux.

Sur la section Edéa-Douala, dans le but de d’améliorer la circulation, en attendant la reconstruction complète programmée, l’entreprise CFHEC effectue des travaux de traitement de la chaussée. Au niveau de la Dibamba, un traitement spécifique de la chaussée est en cours, pour relever la ligne rouge et faire face aux contraintes liées à l’eau et aux fortes pluies.

Edéa-Kribi : la surcharge, principale cause de la dégradation

Dans un communiqué rendu public, le 28 septembre 2026, le ministre des Travaux publics porte à la connaissance des transporteurs, des organisations socio-professionnelles du secteur des transports routiers et de l’ensemble des usagers de la Nationale No7, axe Edéa-Kribi, que les opérations de contrôle par pèse-essieux mobile, y menées du 20 août au 3 septembre 2026, ont révélé une situation préoccupante de surcharge des véhicules, donnant à l’accélération des dégradations de la chaussée. En effet, sur cette période, soit 13 jours d’exploitation, 2 132 véhicules ont été pesés, pour un poids cumulé de 91 445,13 tonnes. 280 véhicules ont été identifiés en surcharge de 4 892,56 tonnes, dont un cas record de 43,36 tonnes de surcharge sur un seul véhicule.

Plus préoccupant encore, constate le Mintp, 194 véhicules, soit près de 70% des véhicules en surcharge présentaient un dépassement supérieur à 10 tonnes. Cette situation traduit l’ampleur  des pratiques de surcharge  sur cet axe, et expose directement la chaussée à une dégradation accélérée. Des opérations de contrôle, un montant de 343, 8 millions de FCFA d’infractions enregistrées par le système de pesée ont été générés. 67,3 millions d’amendes ont été émises, et seulement, 2,8 millions de FCFA ont été effectivement recouvrés et reversés au Trésor public.

Aussi, le Mintp rappelle que la surcharge constitue une atteinte au patrimoine routier national. Elle exerce des contraintes excessives  sur la chaussée et entraine l’apparition des déformations, des fissurations, des affaissements et des nids-de-poule, réduisant ainsi la durée de vie des routes et augmentant les besoins d’entretien et de réhabilitation. Par conséquent, il invite les transporteurs, les propriétaires des camions, et autres conducteurs à mettre fin à ces pratiques qui anéantissent les efforts de préservation du patrimoine routier national. Il rappelle que la loi fixe à 13 tonnes la charge maximale pour un essieu, 21  tonnes pour un groupe de deux essieux ou essieu tandem, 27 tonnes pour un groupe de trois essieux ou essieu tridem, et à 50 tonnes le poids total autorisé pour un ensemble comprenant un tracteur, une semi-remorque ou une ou plusieurs remorques. Tout dépassement de ces limites expose son auteur aux sanctions prévues par la loi.

 Le Mintp qui, apprend-on, entend redéployer les pèse-essieux à titre préventif, invite tous les usagers de la route à respecter scrupuleusement les charges légales, car préserver la route, c’est préserver les investissements publics, garantir la mobilité des personnes et des biens et assurer la pérennité du patrimoine routier national.

Blaise Nnang

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