Road show : le Cameroun présente ses atouts et ses projets aux investisseurs de Londres

Les 9 et 10 septembre 2026, le Cameroun a pris part à Londres à un Market Sounding – Road Show organisé avec le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC), à Marlborough House. Objectif : présenter aux investisseurs, institutions financières et partenaires du Commonwealth, les opportunités d’investissement qu’offre le pays et explorer de nouveaux mécanismes de financement de la Stratégie nationale de développement 2020-2030.

Le message porté par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze au Road Show organisé avec le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC), à Marlborough House était clair : le Cameroun ne veut pas simplement emprunter davantage. Il veut mieux financer son développement, avec des ressources de long terme, moins coûteuses et mieux structurées. À l’ouverture des travaux, Louis Paul Motaze, a insisté sur une orientation majeure : le Cameroun ne cherche pas simplement à accroître son endettement, mais à mieux financer son développement, en mobilisant des capitaux à des coûts soutenables et en recourant davantage aux garanties, financements mixtes et mécanismes de partage des risques.

Le pays, apprend-on du ministère des Finances, a notamment présenté aux investisseurs les signes de résilience et de diversification de son économie. Malgré une baisse de 6,6 % de l’activité d’extraction des hydrocarbures en 2025, la croissance s’est maintenue à 3,5 % pour la troisième année consécutive. Les activités non pétrolières représentent désormais près de 98 % de l’économie. Avec un PIB nominal d’environ 34 474 milliards de FCFA, le Cameroun pèse près de 44 % de l’économie de la CEMAC. Le niveau de la dette publique, estimé à environ 43,7 % du PIB à fin 2025, demeure inférieur au plafond communautaire de 70 %. Mais l’enjeu principal réside désormais dans le coût du financement. Les intérêts de la dette devraient absorber environ 9,5 % des recettes publiques en 2026, ce qui renforce la nécessité de rechercher des ressources concessionnelles ou mieux structurées.

Selon quelques chiffres clés de l’économie camerounaise présentés par le Minfi aux investisseurs du Commonwealth Enterprise and Investment Council, le taux de croissance  est de 3,5 % en 2025, pour la troisième année consécutive ; près de 98 % de l’économie est désormais portée par les activités non pétrolières ; 34 474 milliards FCFA de PIB nominal, soit environ 52,6 milliards d’euros ; le Cameroun représente près de 44 % du PIB de la CEMAC, etc.

Près de 89 000 milliards de FCFA d’investissement attendus par la SND30

Les besoins sont donc importants. La SND30 représente une enveloppe d’investissement estimée entre 88 000 à 89 000 milliards de FCFA, dont 45 % devraient provenir des partenaires au développement et du secteur privé. Le défi est donc de mobiliser chaque année des volumes significatifs de capitaux privés et extérieurs. Parmi les opportunités présentées figurent l’énergie et l’hydroélectricité ; les infrastructures de transport ; les mine ; l’agro-industrie ; l’industrie manufacturière ; le numérique ; l’eau et les infrastructures urbaines. Le Cameroun dispose notamment de plus de 12 GW de potentiel hydroélectrique, avec Nachtigal déjà opérationnel et Kikot en développement.

Entre autres projets mis en avant il y a dans le domaine des mines, la valorisation de la bauxite de Minim-Martap et une meilleure organisation de la filière aurifère et sécurisation des recettes minières. Dans l’industrie, il y a la relance et modernisation d’ALUCAM, avec l’ambition de construire une véritable chaîne de valeur autour de l’aluminium camerounais. Dans le transport et logistique, il y a les infrastructures routières, ports, corridors et plateformes permettant au Cameroun de renforcer son rôle de porte d’entrée de l’Afrique centrale. Dans l’agro-industrie, l’on cite le développement des chaînes de valeur du caoutchouc, de l’huile de palme et d’autres productions locales. Le numérique, l’eau et infrastructures urbaines figurent également parmi les secteurs proposés aux investisseurs.

La finance durable occupe également une place centrale dans cette nouvelle stratégie. Le Cameroun s’est doté en 2024 d’un cadre de financement durable conforme aux standards internationaux et entend développer des obligations vertes, sociales et durables, ainsi que les mécanismes de finance carbone liés au potentiel écologique du bassin du Congo. À Londres, le Cameroun a donc clairement affiché son ambition : passer de la simple promotion de son potentiel économique à la structuration de projets véritablement bancables, susceptibles d’attirer des investisseurs de long terme.

L’objectif est désormais de transformer les échanges engagés avec la communauté financière du Commonwealth en opérations concrètes, autour d’un principe simple.

B. N

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