Stockage de GPL : la SCDP veut investir 11,65 milliards FCFA pour aménager un hub route-rail à Douala

La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) prévoit de mobiliser 11,65 milliards de FCFA TTC pour aménager un hub logistique de Gaz de pétrole liquéfié (GPL) dans son dépôt de Bonabéri, à Douala. L’investissement doit permettre d’ajouter 1 000 tonnes de stockage, mais surtout, de renforcer l’expédition du gaz par route et par rail vers l’intérieur du pays.

La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) prépare donc un investissement de 11,65 milliards FCFA pour aménager un hub route-rail à Bonabéri à Douala. L’appel d’offres international lancé à cet effet par la SCDP prévoit également une aire de chargement pour les camions-citernes et un poste ferroviaire pouvant charger six wagons-citernes simultanément. Mais également, une nouvelle pomperie qui comprendra quatre pompes, dont trois en service et une de secours. Le marché couvre aussi les réseaux et collecteurs de GPL, les systèmes de sécurité industrielle, le génie civil, l’électricité, l’instrumentation, l’automatisation et la supervision des installations. Le titulaire de ce marché devra assurer les essais, la mise en service ainsi que la formation du personnel.

L’appel d’offres ne précise toutefois, ni la capacité des wagons qui seront utilisés, ni le volume journalier que le nouveau poste pourra traiter. Il n’est donc pas encore possible de mesurer son impact sur les coûts logistiques ou sur le nombre de camions-citernes mobilisés. Initialement fixée au 7 septembre, la date limite de dépôt des offres avait d’abord été reportée au 15 octobre. La SCDP a ensuite publié un communiqué rectificatif ramenant cette échéance au 17 septembre 2026 à 12 heures, avec ouverture des dossiers administratifs et des offres techniques à 13 heures le même jour.

Un chantier prévu sur 30 mois

Les travaux, précise-t-on, seront exécutés en un lot unique, selon la formule EPCCS, qui confie au même contractant les études, les approvisionnements, la construction, les essais, la mise en service et l’assistance au démarrage. Le délai maximal est fixé à 30 mois à compter de la notification de l’ordre de service. Le chantier devra être réalisé dans un dépôt de GPL qui restera en exploitation. Le cahier des charges impose notamment de tenir compte des opérations de dégazage et d’inertage, de la coactivité, des raccordements aux installations existantes et de fenêtres d’arrêt limitées.

La SCDP demande aussi aux candidats d’intégrer dans leur planning les délais de fabrication et d’approvisionnement des équipements critiques, notamment la sphère, les pompes, les systèmes de sécurité, les automatismes et le matériel destiné aux zones à atmosphère explosive. Les décaissements prévisionnels pour les seuls travaux s’étendent de 2026 à 2029. L’exercice 2027 concentre 4,669 milliards de FCFA TTC, soit environ 41,6 % du budget de construction. La SCDP prévoit ensuite 2,786 milliards en 2028 et 1,395 milliard en 2029. Les candidats doivent justifier d’une capacité financière d’au moins 3,4 milliards de FCFA et fournir une caution de soumission de 225 millions. La sélection accorde 80 % du score final à l’offre technique et 20 % à l’offre financière. Le contenu local représente à lui seul dix points sur les 100 points de l’évaluation technique.

La capacité de stockage pourrait atteindre 5 500 tonnes

Le principal ouvrage sera une nouvelle sphère de stockage, dénommée S8, d’une capacité nominale de 1 000 tonnes métriques. Mais le projet va au-delà d’une nouvelle réserve de GPL. S8 constitue une nouvelle étape dans le programme d’extension du dépôt de Bonabéri. Avant les investissements engagés ces dernières années, le site disposait déjà de 2 500 tonnes de capacité de stockage de GPL. La sphère S6, d’une capacité de 1 000 tonnes, a porté ce volume à 3 500 tonnes. Achevée en novembre 2024, elle a été officiellement inaugurée, le 21 août 2026.

Une autre sphère de 1 000 tonnes, S7, est en cours de réalisation. Son appel d’offres, lancé en mars 2025, évaluait les travaux à 8,705 milliards de FCFA TTC. Le projet comprend également un nouveau pipeline de réception du GPL de dix pouces de diamètre, ainsi que l’automatisation des sphères S1 à S5. L’assistance à maîtrise d’ouvrage de S7 a été confiée en juin 2025 au groupement PN Ingénierie–Africa Geoprojets pour 175,84 millions de FCFA TTC. Sur la base des capacités annoncées pour chaque ouvrage, S7 porterait le stockage théorique de Bonabéri à 4 500 tonnes, puis S8 à 5 500 tonnes. Par rapport aux 2 500 tonnes disponibles avant S6, l’augmentation atteindrait alors 120 %, soit une capacité multipliée par 2,2. La SCDP indique qu’une septième sphère est en construction « pour atteindre 5 500 tonnes à terme ». Les documents de marché montrent cependant que S7 et S8 disposent chacune d’une capacité annoncée de 1 000 tonnes. Sur cette base, le seuil de 5 500 tonnes suppose donc la réalisation des deux ouvrages supplémentaires.

Le rail ajouté au dispositif de distribution

Le poste de chargement ferroviaire est l’une des principales nouveautés du projet S8. Le centre gaz de Bonabéri approvisionne l’ensemble du pays en gaz butane. Jusqu’ici, l’amélioration de sa capacité logistique reposait notamment sur l’augmentation des volumes de stockage et le renforcement du transport routier. Le nouveau dispositif doit permettre d’accroître les possibilités d’expédition par rail. Plusieurs dépôts de l’intérieur dépendent déjà de ce mode de transport : le complexe SCDP de Yaoundé peut être approvisionné par route et par voie ferrée, tandis que Bélabo dépend largement du rail.

Un marché de 2,36 milliards FCFA pour accroître le stockage de produits blancs à Ngaoundéré

C’est un autre projet visant à renforcer les capacités de stockage de la SCDP.  L’entreprise a attribué au groupement RG & Co./Bajaj Steel Industries Limited, un marché de 2,359 milliards de FCFA TTC pour construire un bac de 3 000 m³ de gasoil dans son dépôt de Ngaoundéré. Sur la base des capacités arrondies communiquées par l’entreprise, cet équipement doit porter le stockage de produits blancs du site de 5 500 à 8 500 m³, soit une hausse de 54,5 % après sa mise en service. La décision d’attribution, signée le 9 juin 2026 et publiée le 17 juin par l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP), fixe à 16 mois le délai d’exécution. Le montant retenu est inférieur de 25,64 millions de FCFA, soit environ 1,1 %, au coût prévisionnel de 2,385 milliards inscrit dans l’appel d’offres.

À ce marché principal s’ajoute une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage de 113,96 millions de FCFA TTC, attribuée le 6 mai 2026 à Parlym Cameroun pour une durée de 14 mois. Les deux contrats documentés totalisent ainsi 2,473 milliards de FCFA. Ce cumul ne peut toutefois pas être présenté comme le coût définitif de l’ensemble des aménagements du dépôt.

Blaise Nnang

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