Cacao : le Cameroun au cœur du nouveau dispositif mondial
Les défis majeurs auxquels fait désormais face le marché du cacao au niveau mondial étaient au cœur des échanges entre le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana et le président de la World Cocoa Foundation, le 19 août 2025 à Yaoundé.
La nouvelle réglementation de l’Union européenne sur la déforestation (RDUE) ; la durabilité ; la soutenabilité des prix au producteur et la juste répartition de la valeur entre les différents maillons de la chaîne, la transparence du marché ; la baisse de productivité dans certaines zones de production ; les déficits d’approvisionnement persistants et la volatilité des cours. Ce sont les grandes questions abordées par Luc Magloire Mbarga Atangana et le président de la World Cocoa Foundation, Chris Vincent.
« Dans un contexte de durcissement de la réglementation et d’exigences nouvelles en matière de traçabilité et de transparence, la World Cocoa Foundation demeure déterminée à travailler en partenariat avec les pays producteurs, à l’instar du Cameroun, pour un plaidoyer efficace et des solutions coordonnées qui renforcent la résilience, la conformité et la durabilité du secteur à l’échelle mondiale », a précisé Chris Vincent.
Des données favorables au Cameroun et des perspectives d’avenir flatteuses
L’analyse du marché présentée par le responsable de la World Cocoa Foundation a particulièrement retenu l’attention du Ministre du Commerce. « Je suis très sensible et parfaitement en phase avec l’analyse du marché et les perspectives de court et moyen termes que vient de dresser le Président de la World Cocoa Foundation», a relevé Luc Magloire Mbarga Atangana. Non sans dénoncer le fait que « le marché du cacao comme du reste les autres marchés des matières agricoles est pris en otage par une poignée d’intermédiaires spécialistes de la diversion qui ont fini par ériger la spéculation en règle, causant un tort inestimable au maillon le plus faible de la chaîne de valeur qu’est la production, sans pour autant, en dépit des apparences, épargner l’industrie ». Ceci justifie, a-t-il poursuivi, « le plaidoyer engagé par le Cameroun pour un marché de circuit court mettant en relation directe les producteurs et l’industrie, pour une profitabilité partagée et un partenariat gagnant-gagnant. »
Un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande mondiales
S’agissant de l’offre, le responsable de la World Cocoa Foundation a apporté des précisions capitales sur la réalité de la production mondiale, battant en brèche les rumeurs propagées par “certaines officines” selon lesquelles les grands pays producteurs ont comblé le gap constaté au cours des dernières campagnes entre les besoins du marché et les ressources disponibles, avec pour agenda caché la baisse drastique les prix au producteur. « La réalité est que la reconstitution de ce gap ne se fera ni en trois ans ni en cinq ans. C’est un processus qui prendra du temps et pourrait aller jusqu’à 15 ans », a précisé Chris Vincent. Cette analyse confirme la thèse soutenue par le Cameroun selon laquelle les difficultés de production des grands pays fournisseurs traditionnels vont perdurer, créant mécaniquement des opportunités pour d’autres acteurs.
Le Cameroun, pilier de la nouvelle donne cacaoyère
C’est dans ce contexte de redistribution des cartes que se déploie la production camerounaise, encouragée et soutenue par les politiques publiques mises en œuvre par le Gouvernement dans ce secteur. Si notre pays n’est pas « la solution alternative complète » au déficit mondial, il apparaît indéniablement comme « une partie incontournable de la solution » dans ce nouveau paysage cacaoyer en reconfiguration, a indiqué le ministre du Commerce, rappelant qu’indubitablement, la fève du Cameroun a de beaux jours devant elle, avec pour ambition d’être désormais la référence en la matière au niveau mondial, sur tous les plans.
L’engagement de la World Cocoa Foundation à travailler avec les pays producteurs comme le Cameroun dans cette période de transition constitue par conséquent, a estimé le Ministre, un atout majeur. Il s’agit là, a-t-il conclu, d’un véritable « message d’optimisme et d’espoir pour la filière cacaoyère camerounaise et en particulier pour notre jeunesse. C’est une belle réussite à inscrire à l’actif du gouvernement ».
B. Essama








