Inflation : Maroua, ville où le coût de la vie est le plus élevé au Cameroun

La capitale régionale de l’Extrême-Nord arrive en tête de classement avec 5,9% de taux d’inflation au premier semestre 2025, alors que Bertoua, avec 2,2% est la ville où le coût de vie est le moins élevé, selon l’Institut National de la Statistique (INS).

L’inflation continue donc d’être élevée au Cameroun. Bien qu’enléger recul par rapport aux 5,7% enregistrés un an plus tôt, elle a atteint 4,1% au premier semestre 2025 s’achève. Elle reste donc supérieure au seuil de convergence de 3% fixé par la CEMAC. Cette inflation, selon le rapport de l’Institut National de la Statistique, est portée par les produits alimentaires, dont les prix ont augmenté de 6,5%.  Parmi les principales catégories de produits alimentaires, les légumes, les fruits et les céréales figurent parmi les postes ayant le plus contribué à l’inflation au premier semestre 2025. Il y a également les coûts de transport, en hausse de 7,4%, en lien avec les relèvements successifs des prix des carburants. Deux postes essentiels qui représentent à eux seuls 44% des dépenses des ménages. Leur évolution influence fortement le niveau général des prix à la consommation, précise l’INS.

Au premier semestre 2025, l’inflation n’a pas évolué de la même manière sur l’ensemble du territoire, révélant des situations différentes selon les régions. Les hausses de prix les plus marquées, note l’INS, ont été observées à Maroua (5,9 %), Bamenda (4,9 %), Buea (4,4 %), Douala (4,3 %), Bafoussam (4,2 %) et Ebolowa (4,1 %). En revanche, l’inflation est restée plus modérée à Bertoua (2,2 %), Garoua (3,0 %) et Ngaoundéré (3,4 %). Ces écarts s’expliquent notamment par des différences dans les coûts de transport, l’accès aux produits, ainsi que le fonctionnement des circuits d’approvisionnement propres à chaque région.

Des facteurs tant internes qu’externes

Sur le plan interne, l’inflation est alimentée par les facteurs tels la hausse des prix des intrants agricoles et des engrais utilisés localement ; la dégradation des infrastructures économiques (routes, installations de stockage, réseaux de distribution) ; l’enclavement de nombreuses zones de production, qui limite l’acheminement des marchandises vers les marchés ; les difficultés d’approvisionnement observées sur certains marchés locaux ; les effets du changement climatique, qui perturbent les cycles agricoles et réduisent les rendements. Alors qu’au niveau externe, c’est plutôt la forte dépendance aux importations de biens essentiels, exposant l’économie nationale aux variations des marchés mondiaux ; la hausse des coûts du transport international et du fret maritime ; la volatilité persistante des prix mondiaux de l’énergie, qui alimentent cette inflation.

L’objectif de 4% toujours réalisable

Le gouvernement, rappelle-t-on, s’est fixé pour objectif de ramener l’inflation à 4% d’ici la fin de l’année. Cet objectif, selon l’INS, reste réalisable, à condition de contenir les principaux risques, notamment de nouvelles hausses des prix de l’énergie, les ajustements fiscaux et les incertitudes géopolitiques.  Parmi les réponses envisagées figurent le renforcement de la surveillance des marchés, l’amélioration des infrastructures logistiques, le soutien accru à la production locale et la promotion des énergies renouvelables. Le principal défi pour le second semestre sera de maîtriser l’inflation sans compromettre la dynamique de croissance.

B. Essama

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *