Cameroun : le CEFAN poursuit son plaidoyer pour la gratuité dans le préscolaire

L’Organisation non gouvernementale, Cameroon Education For All Network (CEFAN), a organisé, le 22 octobre dernier à Yaoundé, son atelier annuel 2026 de plaidoyer sur le financement domestique de l’éducation, sur le thème,  « Réflexion sur la faisabilité de la gratuité du préscolaire au Cameroun »

Comment permettre à davantage d’enfants camerounais d’accéder à l’éducation préscolaire, grâce à la gratuité, sans compromettre la qualité de l’enseignement, ni aggraver les contraintes budgétaires de l’État ? C’est autour de cette question que l’Organisation non gouvernementale, Cameroon Education For All Network (CEFAN), a organisé, le 22 octobre dernier à Yaoundé, son atelier annuel de plaidoyer, qui a réuni les représentants des administrations publiques, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile et les médias, afin d’examiner les conditions de faisabilité de la gratuité du préscolaire au Cameroun.

Cette rencontre qui avait pour point d’ancrage, une « Réflexion sur la faisabilité de la gratuité du préscolaire au Cameroun », visait à analyser la faisabilité de la gratuité du préscolaire au Cameroun et à proposer au gouvernement les facteurs motivants pour augmenter le financement domestique de l’éducation et de la formation. De manière spécifique, il était question de suivre l’engagement pris par le Cameroun au récent « Sommet mondial de l’éducation : financer le GPE 2021-2025 » de Londres les 28 et 29 Juillet 2021, réfléchir sur la faisabilité technico-financière de rendre le préscolaire gratuit au Cameroun.

Seulement 4 enfants sur 10 accèdent dans le préscolaire au Cameroun

Selon les constats présentés par Olivier Tankeu, chargé des programmes du CEFAN, sur la base des études terrain, de l’observation participante et des analyses documentaires, notamment l’annuaire statistique de la carte scolaire du ministère de l’Education de Base, « seulement environ 675 000 enfants de 04 à 05 ans sur plus de 2 300 000 attendus ont accès dans le préscolaire au Cameroun. Soit un taux brut de préscolarisation de 40 % ». Autrement dit seulement 4 enfants sur 10 accèdent dans le préscolaire au Cameroun.

Pour le CEFAN, si près de 1 685 000 autres enfants n’accèdent pas dans le préscolaire au Cameroun, c’est que « l’école maternelle coûte chère au Cameroun et à cause de cela, on préfère attendre l’âge de 06 ans pour envoyer l’enfant au primaire qui est gratuit ». Les frais exigibles de 7 500 FCFA semblent être l’un des principaux goulots d’étranglement, selon les parents de ces enfants touchés sur le terrain. Au regard du contexte financier et la limite budgétaire du secteur de l’éducation et de la formation au Cameroun, le CEFAN s’interroge sur la faisabilité de la gratuité du préscolaire au Cameroun.

Aussi, l’atelier du CEFAN devait permettre de faire le suivi de l’engagement pris par le Cameroun au dernier « Sommet Mondial de l’Education : financer le GPE 2021-2025 » de Londres en présentiel et en ligne, les 28 et 29 Juillet 2021. A ce sommet, le gouvernement Camerounais avait pris l’engagement de porter la part du financement domestique à hauteur de 18,57%. Mais, il est à constater que, depuis 2022, le Cameroun a de la peine à franchir la barre de 15%. Le compteur affiche 13,56% en 2025, selon les données présentées à la récente revue sectorielle de l’éducation et de la formation. Avec 14,66% en 2024 et 13,56% en 2025, l’engagement de Londres n’est toujours pas tenu.

Avec la gratuité au préscolaire, l’Etat doit supporter environ 5,062 milliards de FCFA par an

Selon les données du CEFAN, avec les frais exigibles de 7 500Fcfa, pour environ 675 000 élèves du préscolaire, il s’agit pour l’Etat de supporter environ 5,062 milliards de FCFA par an. Et parmi les pistes proposées par mobiliser ces fonds, il y a l’augmentation du budget de l’éducation conformément aux normes internationales auxquelles le Cameroun a souscrit ; la possibilité de la taxation des firmes multinationales ; des produits manufacturés et agroalimentaires ; la possibilité d’imputation de l’exploitation des activités en lien avec les ressources naturelles. Il y a également, la contribution des travailleurs du public et du privé à hauteur de 1% de salaire mensuel ; il s’agit par exemple d’introduire dans les charges sociales et fiscale du travailleur la redevance scolaire) et la capitalisation de la responsabilité sociale des entreprises.

Pour le CEFAN, la gratuité du préscolaire est un investissement stratégique, pas une dépense. Sans la gratuité dans le préscolaire, l’avenir des enfants camerounais, notamment des filles et des couches à besoins spécifiques (handicapés, enfants autochtones, enfants déplacés internes, réfugiés, etc.), est sacrifié.

Blaise Nnang

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *