Cacao : on explore des mécanismes pour une rémunération plus juste des producteurs
C’est tout le sens du Forum national sur la rémunération des producteurs de la filière cacao au Cameroun, dont les travaux se sont ouverts, le mercredi 5 août 2026 à l’Hôtel de Ville de Yaoundé. La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en présence de Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du développement rural.
Face aux mutations du marché mondial du cacao et aux attentes croissantes des producteurs, le gouvernement a décidé d’ouvrir une réflexion nationale sur les mécanismes devant conduire à une rémunération plus juste des producteurs camerounais. C’est tout le sens du Forum sur la rémunération des producteurs de la filière cacao au Cameroun, dont les travaux se sont ouverts, le mercredi 5 août 2026. La cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en présence de son homologue de l’Agriculture et du développement rural, Gabriel Mbairobe. Les recommandations issues de ce Forum, a-t-on informé, serviront de socle aux orientations de la campagne cacaoyère 2026/2027, qui sera officiellement lancée, le jeudi 6 août 2026. Elles devraient également contribuer à renforcer la compétitivité de la filière, tout en garantissant une meilleure rémunération des producteurs, considérés comme le premier maillon d’une chaîne de valeur essentielle à l’économie camerounaise.
Prenant la parole à l’ouverture officielle de ces assises, le ministre du Commerce a dressé un constat sans complaisance sur la répartition de la richesse au sein de la filière cacao « L’évidence commande de reconnaître que les écarts de rémunération entre les producteurs et les autres acteurs de la chaîne restent trop importants, au point de menacer l’existence même de la filière toute entière », a déclaré Luc Magloire Mbarga Atangana. Pour qui, il est impératif de replacer le producteur au centre de la réflexion. Il a estimé que les déséquilibres observés aujourd’hui ne peuvent plus être ignorés et qu’ils appellent une réponse collective de tous les acteurs de la chaîne de valeur.
Illustrant la gravité de la situation, le Ministre a indiqué que, sous d’autres latitudes, une telle précarité aurait pu provoquer une crise sociale majeure. « Si nous étions sous d’autres cieux, en Europe notamment, ce sont des dizaines de cas de suicides des producteurs que nous aurions à gérer, sinon chaque jour, du moins chaque semaine », a-t-il reconnu, avant d’inviter l’ensemble des parties prenantes à assumer leur responsabilité dans la recherche d’un meilleur équilibre.
L’option du dialogue
Pour le ministre du Commerce, la démarche engagée par le gouvernement ne vise nullement à imposer une solution prédéfinie. Elle repose au contraire sur le dialogue et la concertation. « Il s’agit d’accepter de se mettre autour de la table, de confronter nos points de vue et d’en dégager une voie médiane, qui préserve les intérêts légitimes de chacune des parties », a-t-il souligné. Avant d’inviter les participants à prendre conscience du caractère collectif des défis auxquels fait face la filière. Selon lui, la prospérité du cacao camerounais dépend désormais de la capacité des différents intervenants à dépasser leurs intérêts particuliers pour construire un consensus durable.
Luc Magloire Mbarga Atangana a également appelé les participants à ce Forum à approfondir la réflexion sur la transformation locale, présentée comme l’un des principaux leviers de création de richesse. Il a rappelé que le Cameroun dispose aujourd’hui d’une capacité installée de transformation estimée à 250 000 tonnes, soit l’équivalent de la production commercialisée au cours de la campagne 2025/2026. À cette réalité s’ajoute une forte demande provenant du Nigeria voisin, dont les capacités industrielles avoisinent 200 000 tonnes.
Des facilités fiscalo-douanières aux unités de transformation locale
Dans ces conditions, le Ministre s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles l’économie nationale demeure fortement exposée aux fluctuations des cours internationaux. Il a, en outre, estimé qu’une réflexion sur les contreparties attendues des facilités fiscalo-douanières accordées aux unités de transformation locale apparaît désormais indispensable. « Refuser toute réflexion sur cet aspect des choses, c’est amener l’État à se poser sérieusement la question de savoir pourquoi il consent autant de facilités fiscalo-douanières aux unités de transformation locale s’il n’y a pas de contrepartie ou si cette contrepartie est biaisée », a-t-il déclaré. Poursuivant son propos, le Ministre a lancé un appel à lever tous les tabous. « Nous nous rendrions complices du naufrage collectif des producteurs, si nous nous refusions, par idéologie ou par mimétisme, à toute réflexion sur ces éléments purement factuels et non moins fondés. Non, aucun sujet ne doit être tabou », a-t-il insisté.
Évoquant enfin les mouvements de cacao vers le marché nigérian, Luc Magloire Mbarga Atangana a plaidé pour un dialogue franc entre l’État et les opérateurs de la filière. « À quoi servirait-il de continuer à nous plaindre d’une évaporation de notre cacao vers le marché nigérian si, dans le même temps, nous fermons la porte au dialogue avec le gouvernement, que nous appelons pourtant à la rescousse lorsque les difficultés surviennent ? », s’est-il interrogé.
B. N








