Energie électrique : suite à des pressions fiscales, KPDC et DPDC suspendent leur approvisionnement en électricité
Selon une note d’information signée du ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba, le retrait des capacités de production des centrales thermiques de Kribi et de Dibamba par KPDC et DPDC, est consécutif au blocage des comptes bancaires du groupe Globeleq par l’administration fiscale dans le cadre d’une procédure de recouvrement forcé, consécutive au non-paiement de certaines obligations fiscales.
Le Réseau interconnecté Sud (RIS) connait donc en ce moment une baisse de ses capacités de production en énergie électrique. Une situation inhérente au retrait des sociétés de production du groupe Globeleq, notamment le Kribi power development corporation (KPDC) et la Dibamba power development company (DPDC). En effet, depuis « Le lundi 1er juin 2026, à 9h, les sociétés de production du groupe Globeleq (KPDC et DPDC) ont procédé au retrait des capacités de production des centrales thermiques de Kribi et de Dibamba su Réseau interconnecté Sud (RIS). Cette situation intervient dans un contexte marqué par le blocage des comptes bancaires dudit groupe par l’administration fiscale dans le cadre d’une procédure de recouvrement forcé, consécutive au non-paiement de certaines obligations fiscales dans un environnement de tensions de trésorerie liées impayés persistants du concessionnaire de distribution », peut-on lire de la note d’information de Gaston Eloundou Essomba, signée le 2 juin 2026.
Une situation qui a conséquences directes sur l’approvisionnement en énergie électrique au niveau du RIS. Comme le précise le Minee, « Ledit retrait a entrainé une réduction significative des capacités de production disponibles sur le RIS, avec pour conséquence des perturbations dans l’alimentation électrique et des délestages affectant 40% des usagers des régions du Littoral et de l’Ouest ».
Néanmoins, rassure Gaston Eloundou Essomba, dès la survenance de cette situation, le membre du gouvernement dit avoir « engagé les démarches auprès de son homologue, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, en vue de l’ouverture de concertations entre les administrations et les parties prenantes concernées. Ces échanges visent à examiner les voies et moyens susceptibles de permettre une résolution rapide des contraintes observées, afin de favoriser le retour en exploitation des capacités de production concernées et la stabilisation de l’approvisionnement en énergie électrique dans le Réseau interconnecté Sud ». Avant de conclure que « Les administrations concernées demeurent mobilisées et poursuivent les concertations nécessaires en vue d’un rétablissement progressif de ka situation dans les meilleurs délais ».
Une dette de 107,7 milliards de FCFA d’Eneo à Globeleq
Le blocage des comptes bancaires du groupe Globeleq, qui exploite les centrales de Kribi (KPDC) et de Dibamba (DPDC), survient dans un contexte de négociations intenses entre l’État du Cameroun et le groupe britannique Globeleq concernant la restructuration et la possible nationalisation de ces actifs stratégiques de production d’électricité. La DGI, précise-t-on, a mis en œuvre les dispositions du Code général des Impôts relatives aux redressements fiscaux et au non-reversement des taxes, entraînant la saisie des avoirs bancaires. Cette situation fiscale complexe s’inscrit dans un secteur énergétique lourdement endetté, où les factures et charges contractuelles ont créé de fortes tensions de trésorerie entre les filiales de Globeleq et l’État. Le gouvernement camerounais a entamé des discussions pour reprendre le contrôle des actifs de KPDC et DPDC afin de réduire les coûts globaux supportés par le système électrique national
La dette d’Eneo, devenue Socadel envers Globeleq s’élève à 107,7 milliards de FCFA, selon des données récentes. Ces arriérés de paiement dus aux producteurs indépendants (centrales de Kribi et Dibamba) ont récemment contraint Globeleq à suspendre une partie de ses activités, ce qui a provoqué une intensification des délestages électriques au Cameroun.
B. N








