Maïs : le Cameroun suspend les importations pour protéger la filière locale
Au l’issue d’une réunion de concertation présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, le 13 mai dernier, il a été décidé la suspension immédiate des importations de maïs ; une évaluation des stocks détenus par les producteurs en vue de la recherche des voies et moyens de leur écoulement, la saisine de l’Office céréalier ou d’autres acteurs professionnels, à l’instar de la Compagnie fermière camerounaise, aux fins de l’achat et d’un stockage adéquat de la production disponible, etc.
Le plaidoyer engagé le 8 mai dernier par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana auprès de son homologue du ministère de l’Agriculture et du développement rural, Gabriel Mbairobe, pour une suspension des importations de maïs par le Cameroun, a donc porté des fruits. Des mesures urgentes viennent donc être prises pour sauver la filière locale du maïs. En effet, au terme d’une réunion de concertation présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, le 13 mai dernier, réunissant le représentant du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), celui du ministère des Finances au travers de la Direction Générale des Douanes, les présidents et directeurs généraux des sociétés importatrices de maïs, ainsi que les opérateurs économiques de l’amont et de l’aval de la filière, des décisions importantes ont été prises.
Il s’agit notamment de la suspension immédiate des importations de maïs ; une évaluation des stocks détenus par les producteurs en vue de la recherche des voies et moyens de leur écoulement, la saisine de l’Office céréalier ou d’autres acteurs professionnels, à l’instar de la Compagnie fermière camerounaise, aux fins de l’achat et d’un stockage adéquat de la production disponible et la délivrance encadrée, dans toute la mesure du possible, des autorisations d’importation des poussins d’un jour, des œufs à couver et des parentaux, qui sont des grands consommateurs de maïs à même de faciliter l’absorption, en tout ou partie, des stocks en souffrance.
Nécessité de création d’une interprofession maïs
Au-delà de ces mesures d’urgence, le Ministre, Luc Magloire Mbarga Atangana veut regarder plus loin. Cet épisode, selon lui, révèle en filigrane, une fragilité structurelle de la filière : l’absence d’un cadre interprofessionnel solide, capable de faire circuler l’information entre producteurs, importateurs et distributeurs, et d’anticiper les déséquilibres avant qu’ils ne dégénèrent en crise. Le Ministre a exhorté les acteurs à la mise en place d’une véritable interprofession qui intègre l’ensemble des parties prenantes.
La démarche s’inscrit, au fond, dans une logique plus large. Les décisions prises mercredi dernier, précise-t-on, sont en cohérence directe avec la politique d’import-substitution portée par le gouvernement et les ambitions de la SND30 : protéger la production nationale, donner aux paysans camerounais les débouchés qu’ils méritent, et construire patiemment une souveraineté alimentaire qui ne dépende plus des aléas des marchés extérieurs.
Comment en est-on arrivé là ?
Comme l’a reconnu le représentant du Minader au cours de cette concertation, des permis d’importation ont été effectivement délivrés aux importateurs, faute pour l’administration de disposer des informations statistiques sur le niveau de la production nationale et l’état des stocks détenus par les producteurs. Conséquence : des producteurs locaux se retrouvent avec d’importants volumes invendus sur les bras, pendant que des cargaisons importées, sur autorisation du gouvernement, continuent, elles, de trouver le chemin du marché camerounais.
Ce renversement de situation interpelle d’autant plus qu’il intervient dans un contexte où le gouvernement a fait de l’import-substitution, une orientation stratégique claire et constante. Produire camerounais, consommer camerounais, valoriser les terres et les paysans du pays : cette boussole, inscrite en filigrane dans la Stratégie Nationale de Développement SND30, guide l’action du gouvernement depuis des années. Voir des producteurs nationaux peiner à écouler leurs récoltes pendant que des importations s’accumulent sur le marché est donc une anomalie que les autorités ne pouvaient pas laisser prospérer.
B. N








