Electricité : vers une hausse des tarifs de 15% pour les consommateurs professionnels basse tension
Cette augmentation envisagée par le gouvernement devrait concerner les consommateurs professionnels en basse tension dont la consommation dépasse 220 kWh. Elle figure dans le plan de restructuration de l’ex-Eneo, désormais Socadel, élaboré en mars 2026 par le ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee). Ledit projet a été présenté aux partenaires financiers du secteur électrique, dont les prêteurs du barrage de Nachtigal, lors d’une réunion tenue, le 28 avril 2026 au ministère des Finances.
On s’achemine donc dès cette année 2026, vers une hausse des tarifs de l’électricité à hauteur de 15% pour les consommateurs professionnels en basse tension dont la consommation mensuelle dépasse 220 kWh. Cette augmentation viserait exclusivement les consommateurs professionnels disposant d’équipements énergivores. Le document du ministère de l’Eau et de l’énergie (Minee) précise que les ménages ne seraient pas concernés. Il exclut également, selon les termes du rapport, les petits consommateurs tels que les petits garages, les petits instituts de beauté, les petits centres de santé et les petits commerces. « Cet ajustement ne concernera pas les petits consommateurs, à l’instar des petits garages, des petits instituts de beauté, des petits centres de santé et des petits commerces. Il en est de même pour les ménages, qui ne seront pas affectés par cette nouvelle mesure », indique le rapport. Cette augmentation prévue dans le plan de restructuration de l’ex-Eneo, désormais Socadel, élaboré en mars 2026 par le ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee), viendra s’ajouter aux hausses progressives de 5 à 10 % qui frappent déjà les industriels en moyenne tension.
Des revenus additionnels de 8,7 milliards de FCFA par mois attendus
D’après le Minee, l’ajustement envisagé permettrait à la fois d’alléger ce fardeau budgétaire et de contribuer au redressement financier de l’opérateur. Le plan précise par ailleurs que cette hausse de 15% resterait inférieure à l’inflation cumulée depuis 2012, ce qui la présente comme un rattrapage partiel, plutôt qu’une augmentation intégrale au coût réel du service. À l’horizon 2028, le gain attendu est estimé à 8,7 milliards de FCFA de revenus additionnels par mois. A travers ce réajustement tarifaire, le gouvernement envisage combler le déficit structurel de 13 milliards de FCFA que connait ce secteur, financer la maintenance d’un réseau qui perd 60 milliards de FCFA chaque année à cause de la fraude et tenir la promesse de performance. En échange de ces tarifs, la durée cumulée des coupures, par exemple devrait tomber à 45,8 heures par an d’ici 2027.
Le calendrier de mise en application de la hausse envisagée pour les professionnels en basse tension reste incertain. Le document du Minee évoque un gain de 8,7 milliards de FCFA par mois à l’horizon 2028, ce qui suggère une montée en charge progressive plutôt qu’une application immédiate et uniforme. À ce stade, ni la date d’entrée en vigueur, ni les modalités de facturation, ni les éventuels mécanismes de recours n’ont été rendus publics. Le plan prévoit toutefois qu’une éventuelle évolution tarifaire s’accompagne d’un effort parallèle d’amélioration de la qualité du service.
Une dynamique d’augmentation des tarifs plus large
Les tarifs de l’électricité en basse tension, rappelle-t-on au Minee sont gelés au Cameroun depuis 2012. En 13 ans, aucune révision n’a été opérée sur ce segment, alors que les coûts de production, d’achat d’énergie et d’exploitation ont continué d’augmenter. Ce gel, précise-t-on, a contribué à alourdir les compensations tarifaires que l’État doit verser au secteur, estimées à 79 milliards de FCFA en 2025 et à 39 milliards de FCFA en 2026. Cette hausse des tarifs d’électricité pour certains consommateurs basse tension s’inscrit donc dans un processus plus large. Car, depuis 2023, l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel) a engagé un processus d’ajustement des tarifs de la haute et de la moyenne tension au coût de service. Selon certaines indiscrétions, cette réforme aurait généré 9 milliards de FCFA de trésorerie supplémentaire en 2023 et 10 milliards de FCFA en 2024. En 2026, l’ajustement sur les segments haute et moyenne tension devrait encore rapporter environ 750 millions de FCFA supplémentaires par mois.
Et depuis le 1er janvier 2024, une nouvelle hausse du prix de l’électricité est appliquée aux clients de moyenne tension, c’est-à-dire, principalement aux clients industriels. Cette catégorie regroupe environ 2 000 clients sur plus de 2 millions d’abonnés recensés dans le portefeuille de l’ex-Eneo, soit près de 0,1% de l’ensemble. Dans une note d’information, Eneo indiquait que cette hausse serait de 5% pour les tranches de consommation comprises entre 0 et 3 MW, et de 10% pour celles comprises entre 3 et 10 MW.
B. N








