Filière café : Baditoum s’érige en pôle d’excellence pour le robusta camerounais
Le centre d’excellence de café robusta de cette localité de la région de l’Est, dans l’arrondissement de Doumaintang, a été inauguré, le 24 mars dernier, en présence de Solomon S. Rutega, Secrétaire général de l’Organisation interafricaine du café (OIAC), d’Enselme Gouthon, président de l’Agence des cafés robustas d’Afrique et de Madagascar (ACRAM), ainsi que du président du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC), Dr Apollinaire Ngwe.
Baditoum apparaît donc désormais comme un micro-laboratoire de la relance du café camerounais. La science se met en œuvre. La technique y devient expertise. Désormais, les jeunes n’y produisent plus seulement du café : ils construisent un héritage professionnel, fait de méthode, de rigueur et de fierté. Un héritage qui redessine la place du Robusta camerounais sur la carte mondiale des cafés de spécialité. Son centre d’excellence café, construit dans le cadre du programme café d’excellence s’inscrit dans la continuité de l’initiative New Generation Coffee, lancée pour redonner au café camerounais, une place crédible sur le marché international.
L’ensemble de ce centre d’excellence café, précise-t-on, au CICC, est pensé comme un outil pédagogique et opérationnel, une infrastructure complète constituée d’une salle de process équipée, des tunnels de séchage couverts de toiles et de bâches anti-UV ; d’un espace de décorticage ; d’un magasin et des bureaux fonctionnels. Par ailleurs, ce site dispose d’un mini central solaire, d’un forage et d’un système de traitement des eaux usées. Il est question à travers cette infrastructure, de doter les coopératives créées par des jeunes, de savoirs pointus et d’infrastructures post-récolte adaptées à la production de cafés à haute valeur ajoutée.
Le Centre d’excellence : cœur technique de la transformation
L’objectif, fait-on remarquer, n’est pas tant la quantité, que la précision et la maîtrise. Former à l’exigence des cafés de spécialité. La première composante du programme est la formation. Produire des cafés de spécialité, rappelle-t-on suppose une parfaite compréhension des processus post-récolte et une capacité à en contrôler les paramètres. Et, à Baditoum, ce renforcement des capacités est assuré par des consultants de renommée mondiale, mobilisés avec le soutien du Centre du Commerce International (ITC), dont l’expertise accompagne les producteurs dans l’appropriation de quatre process actuellement implémentés : Natural, Honey, Submerged et Anaerobic.
À Baditoum, l’excellence ne se proclame donc pas : elle se construit. Depuis 2015, rappelle-t-on au CICC, les jeunes engagés dans New Generation Coffee ont accepté une trajectoire exigeante : formations successives, évaluations, immersion dans les standards SCA, suivi technique constant. Ils ne revendiquent pas un statut d’élite ; mais le sérieux. Leur progression, dit-on, est lente, structurée, méthodique. Le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) ne se contente pas de soutenir : il construit, transmet, installe une discipline collective. Cette initiative contribue au plan social, à fixer les jeunes, en revalorisant le métier de producteur. Elle forge une identité professionnelle fondée sur la compétence, la discipline et l’adhésion à des standards internationaux, tout en renforçant la coopération et la gouvernance locale.
Blaise Nnang








