Financement de l’éducation : comment le CEFAN s’est mobilisé en 2025 pour son plaidoyer en faveur de la gratuité du préscolaire public au Cameroun
Le bilan des actions menées par la Cameroon Education For All Network (CEFAN) au cours de l’année 2025 qui s’achève, a été présenté au cours d’un point de presse de son Coordonnateur national, Josué Baloma, le vendredi 19 décembre 2025 à Yaoundé.
Bien que le droit à l’éducation reste un droit humain fondamental et universel, le respect de ce droit est encore questionnable au Cameroun, surtout au niveau préscolaire. La preuve, selon le rapport d’analyse de l’annuaire statistique publié en 2023 pour l’année scolaire 2021-2022, le taux d’accès au préscolaire est d’environ 39%, ce qui signifie que plus de 60% d’enfants de 4 à 5 ans ne bénéficient pas de ce précieux niveau d’enseignement. Seulement environ 600 000 enfants de 04 à 05 ans sur plus de 1 500 000 attendus ont accès dans le préscolaire au Cameroun. Soit un taux brut de pré scolarisation de 40 % ». Autrement dit, seulement 4 enfants sur 10 accèdent dans le préscolaire au Cameroun.
Pourtant, comme le relève le Coordonnateur national de la Cameroon Education For All Network (CEFAN), « les études conduites ces dernières années révèlent que la période la plus importante du développement humain se situe entre la naissance et la huitième année. Pendant cette période, les capacités cognitives, le bien-être émotionnel, les compétences sociales et la bonne santé physique et mentale créent des fondations solides pour réussir le passage à l’âge adulte. Bien que l’apprentissage se déroule tout au long de la vie, durant la petite enfance, il se fait un rythme qui ne sera jamais plus égale ».
Les coûts exigibles limitent l’accès au préscolaire
Ce faible niveau d’accès au préscolaire est, selon le CEFAN, la conséquence des frais exigibles et autres coûts indirects tels ceux des évaluations, des tenues de sports et de classe, de la cantine, du transport, des remédiations scolaires. Car, selon une évaluation rapide de la privatisation et de la commercialisation de l’éducation au Cameroun réalisée par Education International Région Afrique (EIRA) a révélé que les frais exigibles au préscolaire auxquels s’ajoutent divers coûts indirects tels ceux des évaluations, des tenues de sports et de classe, de la cantine, du transport, des remédiations scolaires… rendent véritablement inaccessible l’éducation. Les parents préfèrent alors retenir les enfants à la maison, en attendant l’âge légal pour intégrer le primaire « gratuit ». Cette situation est davantage exacerbée par le sous financement du secteur de l’éducation dont le budget peine à atteindre les 18,57%4 engagé par le gouvernement camerounais au Sommet du Partenariat Mondial de l’Education (PME) de 2021 sur le financement domestique de l’éducation.
Un plaidoyer traduit en actions concrètes
Sur la base des défis évoqués, le CEFAN plaide auprès du gouvernement pour supprimer les frais exigibles de 7 500 FCFA dans le préscolaire public. Pour mener à bien ce plaidoyer, le CEFAN, apprend-on s’est mobilisé durant cette année 2025 à travers un certain nombre d’activités. Notamment, 22 activités programmatiques dont le préscolaire aura été un des axes d’intervention. Par ailleurs, plusieurs activités ont été réalisées en collaboration avec le gouvernement dont le CEFAN a un accord de partenariat avec le MINEDUB depuis 2022. Il s’agit entre autres de La Semaine Mondiale d’Action pour l’Education (SMAE) sur le financement de l’éducation et la gratuité du préscolaire; la célébration de la journée internationale de l’éducation ; le Forum Solidarité Education (SOLID’EDUC) 2025 sur l’analyse des progrès et des limites vers l’atteinte des 07 cibles de l’ODD4 et des 12 objectifs stratégiques de la CESA16-25 au Cameroun ; la participation aux travaux du groupe de réflexion sur le préscolaire au niveau du Groupe Local des Partenaires de l’Education ou en anglais «Local Education Group (LEG), etc.
Blaise Nnang








