Port de Douala-Bonabéri : les capacités opérationnelles renforcées
La zone logistique et industrielle portuaire de la Dibamba à Missolè 1, dont la pose de la première pierre a eu lieu, le 24 juillet 2025, en présence du Premier ministre, Chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, va renforcer les capacités opérationnelles du port de Douala-Bonabéri, tout en élargissant l’offre logistique et industrielle.
Le port de Douala-Bonabéri va désormais s’étendre sur les berges de la Dibamba. Une extension, qui selon le directeur général du Port autonome de Douala, Cyrus Ngo’o « s’inscrit donc dans une logique de modernisation des infrastructures, indispensable pour : améliorer la fluidité du trafic maritime ; renforcer la sécurité des opérations ; et optimiser les temps de traitement des marchandises. La ZAIPD se veut également un pôle de création d’emplois et de nouvelles opportunités pour les acteurs économiques locaux, tout en servant de plateforme logistique régionale intégrée ». Avant d’ajouter que « Grâce à la ZAIPD, nous comptons attirer des investissements locaux et internationaux, propulser les industries de transformation et faciliter l’implantation d’entreprises innovantes dans des secteurs porteurs ».
Ce projet qui comprend deux composantes, sera réalisé en partenariat public-privé entre le PAD et le Groupe ARISE Integrated Industrial Platforms (ARISE IIP), a pour sa première phase, un coût estimatif des investissements est d’environ 230 milliards de FCFA HT. Soit 160 milliards de FCFA HT pour la zone logistique multimodale et 70 milliards de FCFA HT pour la plateforme industrielle intégrée. Le projet va se développer sur une superficie totale d’un peu plus de 500 hectares, donc 350 hectares dédiés à une zone industrielle ; 100 hectares pour une zone logistique d’attente et 50 hectares destinés à une zone résidentielle.
Selon les termes de la convention de partenariat signé, le 30 septembre 2024, entre le DG du PAD, Cyrus Ngo’o, et Président Directeur Général du Groupe ARISE Integrated Industrial Platforms (ARISE IIP), Gagan Gupta, portant sur la conception, le financement, l’aménagement et la gestion d’une zone d’activités industrialo-portuaires sur les berges de la Dibamba, au lieudit Missolè 1, le PAD percevra les redevances d’usage dues à l’Autorité portuaire du fait de l’occupation du domaine public portuaire. Au titre de la Zone logistique multimodale, le PAD percevra une redevance fixe et une redevance variable qui seront indiquées et prises en compte dans le Plan d’affaires et reprises dans le cahier de charges. Sur cette composante, le PAD percevra également des dividendes d’actionnaires du fait de sa participation au capital social de la société de projet en charge de la gestion de la zone. Au titre de la Plateforme industrielle intégrée, le PAD percevra une redevance fixe qui sera calculée sur les parcelles occupées.
Les composantes du projet
Concrètement, il est question de construire une zone logistique multimodale. Elle s’étendra sur une superficie d’environ 120 hectares et comprendra la construction des installations suivantes : une jetée de 250 m de long ; des entrepôts y compris sous douane d’environ 50.000 m² ; un parc à conteneurs avec parc vides d’environ 35 hectares ; une zone dédiée au remplissage et au dépotage ; un parc à bois de 35 hectares ; une aire de stationnement pour les camions ; un bâtiment administratif abritant le Point unique de formalités.
La plateforme industrielle intégrée, l’autre composante de ce projet, sera construite sur une superficie d’environ 350 hectares et devra comprendre des espaces aménagés pour l’installation des investisseurs y exerçant leurs activités, sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires applicables dans les secteurs d’activités parmi lesquels: la transformation des produits agricoles ; la transformation du bois ; une centrale électrique ; la production des matériaux de construction ; les industries pharmaceutiques ; et toute autre activité industrielle non prohibée par les lois en vigueur au Cameroun.
L’on y prévoit également des aménagements connexes. Notamment, des infrastructures routières ; un réseau d’assainissement des eaux ; un réseau de distribution d’électricité ; un réseau de communication ; des infrastructures de pesage ; un système de sécurisation périmétrique et des accès ; un centre de formation et de développement des compétences ; un centre de documentation et des archives. Mais aussi, une caserne de marins pompiers et un dispositif de lutte contre les incendies ; des équipements collectifs (espace santé, aire de repos, espace de loisirs, stations-services, restauration, lieux de culte, etc.). En outre, la réalisation de composantes supplémentaires, à l’instar de la zone résidentielle, pourra se faire sur la base d’accords spécifiques, précise-t-on.
Impacts attendus du projet
La ZAIPD, explique-t-on, va booster 09 secteurs et sous-secteurs prioritaires du volet transformation locale des matières premières locales. Il s’agit des secteurs agro-industrie (cacao, café, coton, mais, huile de palme riz, sorgho, manioc, blé, banane plantain, palmier à huile, soja, sucre, caoutchouc, poisson, lait et viande) ; forêt-bois (plantations forestières, industrie de transformation du bois) ; textile-confection-cuir (coton, hévéa) ; mines-métallurgie-sidérurgie (bauxite, fer, or, diamants, saphir, corindon) ; industrie de l’énergie (hydroélectricité, biomasse, solaire, etc) ; constructions-services-professionnels-scientifiques-techniques ; numérique ; hydrocarbures-raffinage-pétrochimie ; chimie-pharmacie.
Ce projet, selon les études préliminaires, devrait générer, à la fin de toutes les phases, environ 15.000 emplois directs. Les terres agricoles, qui devront être multipliées pour fournir les intrants à la zone industrielle, devraient générer quant à elles environ 500.000 emplois directs et indirects.
Blaise Nnang








