Lutte contre la fraude : un défi majeur à relever par Camwater
Pour Blaise Moussa, le Directeur général de cette entreprise en charge du service public de l’eau potable au Cameroun, c’est là une question consubstantielle à la façon dont se déploient les villes africaines, avec un cadastre peu maîtrisé et une très grande informalité dans l’accès tant à la terre qu’aux ressources connexes.
Des biens premiers comme l’eau et l’électricité, qui ont la caractéristique d’être certes des biens publics totaux, mais marchands, seront toujours braconnés, quoi que l’on dise et quoi que l’on fasse. Tout est, par la suite, question d’échelle. Pour Blaise Moussa, le DG de la Cameroon Water Utilities, « Notre ambition est de réduire ces nuisances à leur portion congrue ; d’où la lutte intense que nous menons contre la fraude et les fraudeurs en tous genres, avec une montée en criminalisation et donc en judiciarisation de ces actes. Je peux donc vous le dire avec certitude : depuis un an, la fraude de l’eau a drastiquement diminué dans nos villes, suite à l’intensification des efforts dans ce sens, notamment par la médiatisation des cas détectés. Mais tout n’est pas dans la répression mais aussi dans la pédagogie car, j’insiste, il faut convaincre la population du bien fondé d’acquitter normalement sa facture, étant donné que les raccords mafieux qui se font en souterrain ne sont jamais fiables à 100% ; ce qui pose des risques y compris pour leur santé », affirmait-il dans une récente interview.
Mais croit savoir le DG de la Camwater, la réussite de la lutte contre la fraude, comme pour les autres grands défis de l’entreprise qu’il dirige, doit cependant être adossée à l’adhésion des populations afin de revenir vers l’eau potable publique. « Elles doivent s’éloigner de la fraude, du vandalisme et prendre conscience des efforts fournis par le président de la République, pour un accès sécurisé des populations à l’eau potable, en accord avec les objectifs N°6 du développement durable des Nations-Unies », souligne Blaise Moussa.
Mais surtout, la lutte contre la fraude implique la mise en place de nouveaux branchements. Peu de temps après sa prise de fonction, Blaise Moussa indiquait que Camwater ne disposait que de 250 000 abonnés compteurs actifs sur les 440 000 compteurs souscrits, le tout pour une production actuelle globale de 815 000 m3/jour d’eau. Pour donc palier ce déficit d’abonnés au Cameroun, la Camwater avait annoncé la disponibilité de 170 000 nouveaux compteurs pour de nouveaux branchements, sous l’impulsion du gouvernement. Mais le plus grand projet concerne la mise en œuvre du chantier visant à réaliser un million de nouveaux branchements.
«Le Cameroun fait beaucoup d’efforts en matière d’investissement dans les infrastructures de production d’eau potable. Il se trouve simplement que, le volume d’eau produit par jour, au Cameroun est assez important ; et notre pays figure parmi les plus grands producteurs d’eau potable en Afrique Sud Saharienne. Sauf qu’on a l’impression que cette eau ne parvient pas au niveau des populations. Les robinets ne sont pas ouverts. Mais cette situation n’est pas seulement de la responsabilité de l’État. Ce n’est pas seulement de la responsabilité de la Camwater. C’est aussi de la responsabilité des consommateurs, du grand public, qui n’en a pas véritablement conscience et qui parfois, travaille à contre-courant des efforts qui sont accomplis dans ce secteur », regrettait le DG de la Camwater.
Blaise Nnang








