Luc Magloire Mbarga Atangana : « Le cacao du Cameroun frôle les cymes de l’excellence »
Le ministre du Commerce fait l’état des lieux de la filière cacao et revient sur les grands défis de la nouvelle campagne cacaoyère 2025-2026.
Monsieur le ministre, quel est le secret de l’embellie que connait la filière cacao actuellement au Cameroun ?
Le secret, c’est le travail. Je ne vais remonter le cours de l’histoire, mais le cacao du Cameroun était reconnu pour, excusez du terme, sa qualité médiocre, et sur le marché international, on appelait le cacao du Cameroun « Smok cocoa », l’odeur de fumée, et il était appliqué de manière systématique, une décote. Elle comprise entre 400 FCFA et plus, le kilogramme. Cà, était l’origine Cameroun, et elle servait uniquement de couverture, ce n’était pas la base des approvisionnements des chocolatiers, des industriels, il a fallu renverser cette tendance. La fin de la campagne 2016-2017 est marquée des instructions fermes, très précises du président de la République, pour l’amélioration de la qualité du cacao du Cameroun, à travers notamment l’instauration d’une prime de qualité. Mais aussi, la mise en place des centres d’excellence. Et, à partir de ce moment-là, tout a basculé. D’origine bannie, le Cameroun est devenu l’origine recherchée sur le marché. Je ne fais pas de dessin, mais tout le monde voit le défilé des chocolatiers, les industriels de tous pays, qui viennent voir ce qui se passe au Cameroun. Au cours de la présente cérémonie, il s’est trouvé qu’à l’occasion d’une audience que j’ai accordée à Son Excellence, madame le Haut-Commissaire de l’Australie, elle avait entendu parler du cacao du Cameroun, on en disait beaucoup de bien en Australie et ailleurs, elle qui réside à Abuja a dit, il faut que je vienne voir, et elle est venue. Donc, voilà un cacao qui fait courir les foules, qui fait courir le monde entier, les experts. Vous demandez le secret, voilà le secret.
Sur quel cap fixez-vous la nouvelle campagne qui commence ?
Il s’agit donc de consolider les acquis, et peut-être aller au-delà. En l’état, les fondamentaux du marché permettent de constater que la nouvelle campagne 2025-2026 qui commence, devrait se situer sur les bases quasi-égales à la campagne écoulée. Je rappelle pour qu’il n’y ait pas de confusion dans les esprits que pour la campagne 2024-2025, nous avons eu une fourchette des prix comprise entre 3 200 et 5400 FCFA, le kilogramme bord champ. En l’état actuel du marché, et si on se fie aux différentes analyses, on peut penser que la campagne 2025-2026 pourrait se situer sur les mêmes bases. Pour mieux comprendre évidemment, il faut comparer. Pendant longtemps, quand on touchait 1000 Francs, on pensait qu’avait atteint le graal, c’est un passé lointain. Nous ne parlons plus de 1000 Francs, même plus de 2000, nous commençons à discuter à partir de 3000 francs. C’est bien pour le producteur, mais, il ne faut pas seulement s’arrêter au prix nominal. Le prix nominal, c’est celui-là que touche le producteur, mais il faut bien qu’il reste quelque chose à la base, parce que l’essentiel dans toute activité, notamment l’activité économique, c’est qu’elle entraine un changement en profondeur de la société, les conditions de vie des populations. Maintenant, quand vous allez en milieu rural dans la zone cacaoyère, l’habitat a changé, les choses commencent à évoluer, mais il faut aller plus loin, c’est pour cela que nous demandons, dans le cadre de ce que nous appelons le pacte républicain, cela signifie un engagement synallagmatique entre le marché, représenté par les exportateurs, les transformateurs et les producteurs, nous demandons cet engament pour des investissements sociaux au bénéfice des communautés, de la base, ça peut être des écoles, des centres de santé, des adductions d’eau, etc. J’ai pris pour exemple, ce qui se passe à Nzana, dans le département de la Mefou-et-Afamba, où grâce à cette nouvelle manière de faire, un lycée va être construit dans les semaines qui viennent, en même temps qu’il sera reversé aux producteurs une prime, dite prime de chocolat.
Propos recueillis par B.N








