Loi des Finances : les grandes innovations du budget 2026
Selon l’exposé des motifs du projet de loi déposé à l’Assemblée nationale, le 26 novembre 2025, l’une des innovations majeures contenues dans ce texte est la création d’un Fonds spécial dédié à l’autonomisation économique des femmes et à la promotion de l’emploi des jeunes, doté d’une enveloppe de 50 milliards de FCFA.
C’est donc une traduction en acte concret de la promesse faite par le Président Paul Biya, lors de sa prestation de serment, le 6 novembre dernier : les femmes et les jeunes seront au cœur des priorités de ce nouveau septennat. Pour soutenir cette volonté politique, le gouvernement dans son projet de loi portant loi des finances, déposé à l’Assemblée nationale, le 26 novembre dernier, prévoit la création d’un Fonds spécial dédié à l’autonomisation économique des femmes et à la promotion de l’emploi des jeunes, doté d’une enveloppe de 50 milliards de FCFA.
Parmi d’autres innovations contenues dans ce projet de loi des finances, l’on note la suppression des chapitres communs au profit de deux dotations logées respectivement aux ministères des Finances et de l’Économie ; la révision de la présentation budgétaire de certaines institutions de souveraineté, pour laisser place à une nouvelle nomenclature budgétaire, et la transformation du Fonds de reconstruction des régions touchées par les crises en deux mécanismes distincts pour améliorer l’efficacité. Dans l’ensemble, le gouvernement, dans son exposé des motifs de cette loi des finances, affirme que la politique budgétaire demeure alignée sur les exigences de convergence de la CEMAC et sur les objectifs de la SND30.
8 816,4 milliards FCFA pour l’exercice 2026
En termes chiffrés, le gouvernement propose 8 816,4 milliards FCFA comme montant du budget 2026, soit une hausse de 14 % par rapport à l’année précédente. Le budget général atteint 8 683,9 milliards, tandis que les Comptes d’Affectation Spéciale montent à 132,5 milliards, presque le double des prévisions de l’exercice précédent. Les recettes internes sont estimées à 5 887 milliards, composées des recettes pétrolières et gazières, des recettes fiscales et douanières qui représentent la plus grande part, des recettes non fiscales ainsi que des dons.
Les dépenses publiques hors principal de la dette s’élèvent à 6 210,5 milliards en 2026, en progression de 10 %. Elles intègrent les dépenses de personnel, les biens et services, les transferts et subventions, les intérêts de la dette et les investissements publics. Le Budget d’Investissement Public représente 35,7 % des dépenses primaires, mais voit sa part dans le budget global reculer à 22,8 %.
Le solde global demeure déficitaire, atteignant 631 milliards, contre 309,9 milliards en 2025. Avec l’amortissement de la dette, le remboursement des crédits de TVA, le paiement des arriérés intérieurs et les sorties de trésorerie, le besoin total de financement pour 2026 s’élève à 3 104,2 milliards, soit près de 800 milliards de plus que l’exercice précédent. Pour couvrir cet écart, le gouvernement envisage le recours aux prêts-projets, aux titres publics, aux financements bancaires, aux appuis budgétaires, aux financements exceptionnels et aux emprunts extérieurs pour un montant d’un trillion de francs CFA.
Des projections favorables
Le budget 2026 du Cameroun a donc été élaboré, avec des projections, au niveau national, favorables. La croissance économique pourrait atteindre 4,3 % en 2026 contre 3,9 % en 2025, portée principalement par les performances du secteur non pétrolier. Le secteur pétrolier connaîtrait quant à lui une légère contraction de 0,1 %. L’inflation poursuivrait sa décrue et se situerait autour de 3 %, après 3,2 % un an plus tôt.
B. N








