Exercice budgétaire 2026 : la portion congrue de l’investissement au MINEDUB et au MINESEC
Malgré une légère hausse des enveloppes budgétaires pour 2026, la part réservée à l’investissement public est de 09% et 03,5%, respectivement pour le ministère de l’Education de Base et le ministère des Enseignements Secondaires.
Au ministère de l’Education de Base (MINEDUB) et au ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC), l’investissement semble ne pas être la priorité. Bien au contraire, tout est concentré sur le fonctionnement. Pour le nouvel exercice budgétaire, les enveloppes allouées à ces deux départements ministériels, pourtant sensibles, le prouvent. Sur un montant de 332,051 milliards de FCFA, le gouvernement a pensé réserver 30,7 milliards de FCFA pour le budget d’investissement public (BIP) au MINEDUB, soit environ 09% de l’enveloppe globale, contre 301,351 milliards de FCFA pour le budget de fonctionnement (BF). Pour ce qui est du BIP du MINESEC, il est davantage minimalisé : 21,91 milliards de FCFA, représentant environ 3,5% du budget total de ce département ministériel.
Les deux BIP sont légèrement en augmentation de quelques milliards de FCFA par rapport à ceux de 2025, mais cela reste encore très insuffisant, selon les observateurs, pour impulser un véritable développement des infrastructures dans le secteur de l’éducation qui en a pourtant grand besoin. L’accès aux infrastructures scolaires de qualité est en effet un grand défi à releve au Cameroun. Il est notamment accentué par un déséquilibre criard entre les régions.
Zones sinistrées en infrastructures scolaires
Selon une étude publiée par l’UNESCO en juin 2025 et intitulée « Situation des enfants au Cameroun », il est constaté qu’au moins la moitié des régions est concernée par cette situation. L’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua et l’Est sont généralement considérées comme des zones sinistrées en termes d’infrastructures scolaires. Pour ce qui est des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la situation s’est également dégradée avec la situation sécuritaire qui y règne. Et malgré le plan de reconstruction d’urgence initié par les pouvoirs publics, l’on est loin de retrouver le niveau infrastructurel d’antan dans ces zones.
Mais, l’insuffisance d’infrastructures scolaires de qualité peut être scrutée sur un plan plus global. Le déséquilibre est en effet très criard entre les zones rurales et les zones urbaines. Dans de nombreuses régions rurales, les élèves parcourent plusieurs kilomètres pour atteindre leur école, souvent par des chemins dangereux et inaccessibles. Les zones urbaines, en revanche, sont confrontées à une surcharge d’étudiants dans des bâtiments déjà insuffisants. Selon les statistiques, plus de 30% des enfants en âge scolaire dans des régions éloignées n’ont pas accès à des infrastructures adéquates, ce qui entrave leur droit à l’éducation.
Faiblesse des investissements
La faiblesse des investissements dans la construction d’écoles nouvelles exacerbe cette situation. Lorsqu’un bâtiment scolaire est disponible, il n’est pas toujours en mesure d’accueillir tous les élèves, provoquant une surpopulation dans les classes. Des cours sous des abris temporaires ou dans des structures non dédiées à l’enseignement deviennent des solutions communes, affectant la qualité de l’éducation reçue. Au-delà des bâtiments, la qualité des installations, notamment en électricité et en plomberie, est souvent déficiente dans les écoles élémentaires. L’absence d’énergie électrique limite l’utilisation de technologies pédagogiques modernes et rend l’enseignement difficile, surtout durant la saison des pluies.
Alain Noah Awana









