Électricité : le Cameroun renationalise la distribution de l’énergie électrique

L’accord le mercredi 19 novembre 2025 avec le fonds britannique Actis permet désormais à l’Etat du Cameroun de détenir 95 % du capital, tandis que 5 % seront réservés aux employés. Une transaction évaluée à 78 milliards de FCFA.

L’Etat du Cameroun vient donc de racheter les parts du fonds britannique Actis dans Eneo, concessionnaire de la distribution de l’électricité. L’accord signé le mercredi 19 novembre 2025, au ministère des Finances en présence du ministre Louis Paul Motaze, du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, ainsi que d’une délégation du fonds Actis, marque l’aboutissement de plus de deux ans de négociations. Le montant de la transaction est fixé à 78 milliards de FCFA.

En rachetant les parts les parts du fonds britannique Actis dans Eneo, le gouvernement, informe-t-on, prépare aussi un plan de redressement global dont les premières étapes s’étendront entre 2025 et 2026. Le rachat des parts d’Actis constitue la première phase d’un processus plus vaste, qui doit se poursuivre par un diagnostic complet de l’opérateur, la restructuration de la dette et la mise en place d’un dispositif renforcé de recouvrement des factures, notamment publiques.

Le Cameroun ambitionne ainsi un retour à l’équilibre du secteur à l’horizon 2028, avec pour objectifs la modernisation de la distribution, la réduction des pertes techniques et l’amélioration de la performance financière du système électrique. Cette reprise de contrôle marque une étape stratégique dans la volonté de l’État de stabiliser un secteur clé et de restaurer la fiabilité de l’alimentation électrique au Cameroun.

Une dette colossale

En rappel, cette renationalisation de la distribution de l’électricité au Cameroun intervient alors que ce secteur connait un endettement criard. Selon le Compact Energy du ministère de l’Eau et de l’Énergie, Eneo affichait 800 milliards de FCFA de dettes en 2024. Soit 500 milliards dus à ses fournisseurs et environ 80 milliards correspondant à des créances non recouvrées.

Deux ans plus tôt, la dette s’élevait déjà à 700 milliards de FCFA, dont près de la moitié envers des entreprises publiques telles que Sonatrel, EDC, Sonara, SNH-Tradex ou encore l’Arsel. Cette accumulation d’arriérés illustre le sous-investissement structurel du secteur, marqué par un réseau vieillissant et des perturbations récurrentes.

L’opération de nationalisation a donc pour but de renforcer la souveraineté énergétique du Cameroun. Elle aboutit au moment où le pays fait face à de multiples plaintes des consommateurs relatives aux coupures récurrentes d’électricité, plaintes que le gouvernement attribuait en partie aux partages des parts avec le fond britannique Actis actionnaire majoritaire tandis que l’État détenait 44% des actions et le personnel 5%.

B. E

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