Electricité: le Cameroun mise sur l’expertise canadienne afin de diversifier son mix énergétique

Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a reçu en audience, mardi 17 mars 2026, la Haute-Commissaire du Canada, Marie-Claude Harvey, pour définir les nouveaux contours d’une coopération bilatérale résolument tournée vers l’innovation.

Face à l’impératif de sécuriser son approvisionnement électrique dans un contexte de dérèglement climatique, le Cameroun veut compter sur ses partenaires historiques pour diversifier son mix énergétique. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a reçu en audience, mardi 17 mars 2026, la Haute-Commissaire du Canada, Marie-Claude Harvey, pour définir les nouveaux contours d’une coopération bilatérale résolument tournée vers l’innovation.

Au cœur des échanges entre les deux partenaires, la volonté de Yaoundé de rompre avec la dépendance exclusive à l’hydroélectricité, dont la vulnérabilité aux sécheresses pèse sur la croissance nationale. Pour relever ce défi, le gouvernement mise sur l’expertise canadienne afin de diversifier son mix énergétique, notamment par le doublement des capacités des centrales à gaz et l’exploitation de gisements encore sous-valorisés comme la biomasse et l’éolien maritime.

Cette ambition, apprend-on, s’accompagne d’une profonde réforme législative de la loi de 2011, visant à créer un cadre réglementaire moderne et sécurisé, capable d’attirer des géants tels que Manitoba Hydro International. Cette rencontre, précise-t-on, marque une étape décisive pour le Cameroun, qui entend transformer ses défis climatiques en opportunités d’investissement durables grâce au savoir-faire nord-américain.

Un déficit hydrique critique de 3 milliards de m3 d’eau

En effet, le Cameroun traverse une crise énergétique sans précédent. Avec un déficit hydrologique colossal de 3 milliards de mètres cubes, les principaux barrages hydroélectriques du pays peinent à produire l’électricité nécessaire pour alimenter foyers et industries. Nachtigal, Songloulou et Memve’ele tournent au ralenti, et Eneo Cameroon est contrainte de multiplier les délestages, affectant lourdement le quotidien des Camerounais. Cette sécheresse historique empêche le remplissage normal des réservoirs, réduisant la pression nécessaire pour faire tourner les turbines à pleine capacité. Le Réseau interconnecté Sud (RIS) subit de plein fouet cette baisse de production. Les ménages voient leurs ampoules vaciller, tandis que les entreprises doivent adapter leur consommation, sous peine de coupures prolongées. Pour éviter un effondrement total du réseau, Eneo Cameroon est obligée de rationner l’électricité. Les programmes de coupures se multiplient, pénalisant ménages, administrations et industries. Les experts alertent : si la saison des pluies tarde ou si des solutions thermiques d’urgence ne sont pas déployées, février 2026 pourrait devenir le mois le plus sombre de la décennie pour l’électricité au Cameroun.

Le barrage de Nachtigal, censé être le fleuron de l’hydroélectricité camerounaise, ne parvient pas à fournir la puissance attendue. Songloulou, le plus ancien, ne produit qu’un volume minimal d’électricité. Quant à Memve’ele, déjà capricieux, il s’enfonce dans une léthargie qui aggrave la situation dans le Sud. La dépendance du pays à l’hydroélectricité montre ici ses limites face aux aléas climatiques. Cette crise met en lumière la vulnérabilité du modèle énergétique camerounais. Trop dépendant de l’hydroélectricité, le pays doit désormais diversifier ses sources d’énergie pour limiter l’impact des sécheresses futures, que ce soit via le thermique ou d’autres énergies renouvelables plus résilientes.

B. N

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