CM14 : le Cameroun prépare une position cohérente en vue des négociations multilatérales de l’OMC
Un atelier national consacré à la substance des négociations multilatérales qui s’annoncent décisives pour l’Afrique s’est tenu à cet effet, le lundi 23 février 2026 à Yaoundé, sous la présidence du Pr Brusil Miranda Metou, Secrétaire général du ministère du Commerce, représentant le Ministre.
« L’échec n’est pas permis. L’Afrique en porterait une lourde responsabilité devant l’histoire. » Ces propos du Pr Brusil Miranda Metou sonnent comme un appel à la mobilisation générale, alors que le continent s’apprête à recevoir, pour une rare fois, l’instance décisionnelle suprême du commerce mondial. Le Secrétaire général du ministère du Commerce, représentant le Ministre, présidait un atelier national consacré à la substance des négociations multilatérales en prélude à la 14ème Conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (CM14). Autour de la table, des acteurs de premier plan, notamment, le représentant des Services du Premier Ministre, Jean Jacques Sidje Weme et Estelle Elisabeth Tsimbo, Représentante-adjointe de la Commission de la CEMAC au Cameroun.
Les priorités du Cameroun
Sur le fond, plusieurs thématiques majeures ont été passées au crible. L’agriculture, « secteur clé pour le développement durable de nos économies », figure en bonne place dans les préoccupations camerounaises, tout comme la sécurité alimentaire, érigée en « priorité incontournable » pour garantir à tous l’accès à une nourriture suffisante et de qualité. À cela s’ajoutent la facilitation des investissements pour le développement, le commerce électronique, les subventions à la pêche, le commerce et l’environnement, sans oublier la réforme institutionnelle de l’OMC elle-même. Sur ce dernier point, le Pr Brusil Miranda Metou a été particulièrement claire : « Une OMC réformée doit permettre aux pays en développement, comme les nôtres, d’avoir une voix plus forte et de bénéficier pleinement des règles commerciales. » Un plaidoyer qui résume à lui seul l’aspiration profonde du Cameroun et, au-delà, de tout le continent africain.
L’enjeu est donc de taille. La Conférence Ministérielle, faut-il le rappeler, est l’organe décisionnel suprême de l’OMC. Que ses assises se tiennent à Yaoundé n’est donc pas un simple honneur protocolaire ; c’est une opportunité historique que le Cameroun entend transformer en levier de développement. « Nous devons nous donner les moyens de faire des assises de Yaoundé, le rendez-vous du New Deal », a martelé le Secrétaire Général. Et, l’atelier de lundi dernier s’inscrivait précisément dans cette dynamique de préparation rigoureuse. Il s’est agi pour les participants d’analyser avec rigueur les dynamiques contemporaines des négociations multilatérales, d’évaluer les marges de manœuvre dont dispose le Cameroun, et surtout, de consolider une position nationale cohérente, argumentée et alignée sur les priorités nationales de développement. Les conclusions de cette concertation nationale seront portées à la prochaine réunion du Groupe Africain préparatoire à la CM14, prévue à Maputo, au Mozambique, les 25 et 26 février 2026.
La CEMAC en ordre de bataille
La voix de la sous-région s’est également fait entendre. Pour Estelle Elisabeth Tsimbo, la tenue de la CM14 sur le sol africain, et plus précisément dans un État membre de la CEMAC, « confère une responsabilité politique accrue et génère une forte attente quant à l’obtention de résultats concrets et applicables ». La représentante-adjointe a salué la démarche camerounaise de concertation nationale structurée, y voyant un gage de qualité technique des positions qui seront défendues à Genève.
La CEMAC, a-t-elle rappelé, entend voir les négociations de Yaoundé produire des avancées tangibles sur trois priorités régionales fondamentales : la consolidation du marché commun, l’industrialisation et la transformation locale des matières premières, ainsi que la sécurisation des recettes publiques nécessaires au financement du développement. Des priorités qui font écho aux aspirations profondes des populations de la sous-région.
B. N








