Cacao-café : le règlement européen sur la déforestation sera respecté dès décembre 2025
Les assurances ont été données dans ce sens, le 15 juillet 2025, par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, lors du Forum national sur la mise en conformité avec le Règlement de l’Union européenne sur la Déforestation (RDUE).
Plus que six mois, et le Cameroun devra apporter la preuve de sa mise en conformité par rapport au Règlement européen sur la déforestation (RDUE). L’entrée en application du RDUE est fixée au 30 décembre 2025, avec une date d’application progressive selon la taille des entreprises. Ce règlement, qui exige que les produits commercialisés dans l’Union européenne ne proviennent pas de terres associées à la déforestation ou à la dégradation forestière, représente un enjeu important pour le Cameroun. Mais, le pays semble sur la bonne voie. De l’évaluation faite lors du Forum national sur la mise en conformité avec le Règlement de l’Union européenne sur la Déforestation, il ressort que, « Le Cameroun est le meilleur élève par rapport à cette discipline imposée par l’Union européenne », croit savoir Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce. Qui souligne que « pratiquement 99% des bassins cacaoyers et café sont couverts » par les dispositifs de géolocalisation et de traçabilité.
Cette performance remarquable, surtout lorsqu’on se rappelle que le RDUE, initialement prévu pour entrer en vigueur, le 30 décembre 2024, avait été reporté d’un an face aux difficultés rencontrées par de nombreux pays producteurs. Ce délai supplémentaire aura donc permis au Cameroun de peaufiner son dispositif et d’atteindre un niveau de préparation quasi-parfait. « En décembre 2024, le Cameroun était quasi prêt en ce que les deux premières exigences du RDUE, à savoir : la géolocalisation et la traçabilité, le Cameroun était déjà couvert à plus de 80% », explique Luc Magloire Mbarga Atangana. Les efforts se sont poursuivis tout au long de l’année 2025 avec le concours actif du secteur privé, notamment les exportateurs, mais aussi, les institutionnels publics et privés tels que le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC) et le Fonds de développement des filières cacao-café (FODECC) qui ont poursuivi la géolocalisation sur le terrain.
Impliqués de tous…
Pour parvenir au respect du RDUE, le Cameroun, explique-t-on, a mis en place une stratégie inclusive permettant de mobiliser l’ensemble des acteurs de la filière, et créant une dynamique collective favorable au respect des nouvelles exigences européennes. Comme l’a expliqué Luc Magloire Mbarga Atangana, « Nous sommes dans un système de mutualisation. Les gros comme les petits exportateurs sont embarqués sur le même navire, et c’est toute la production camerounaise qui est en mesure d’accéder sans risque au marché européen ». Les points les plus critiques pour les opérateurs, notamment la géolocalisation et la traçabilité, sont désormais réglés. L’objectif final de cette démarche dépasse la simple conformité réglementaire. Il s’agit de rendre les filières cacao et café camerounaises plus durables. Une réussite qui pourrait servir de modèle à d’autres pays producteurs encore en difficulté face aux nouvelles normes européennes.
En rappel, le Cameroun pour vendre son cacao sur le marché européen, son principal client, avec environ 70% des exportations, devra respecter, dès le 31 décembre 2025, sept exigences du règlement sur la déforestation. Ces exigences incluent le respect des droits d’utilisation des terres ; la protection de l’environnement ; le respect des droits des tiers ; le respect des droits du travail ; le respect des droits de l’homme protégés par le droit international ; le principe du consentement libre concernant les droits des peuples autochtones, ainsi que le respect des réglementations en matière de fiscalité, de lutte contre la corruption, de commerce et de douanes.
Blaise Nnang








