Blaise Moussa : «une réponse concrète aux besoins urgents des populations les plus vulnérables »
Dans cette interview accordée à nos confrères de Cameroon tribune, le Directeur général de la Cameroon Water Utilities (Camwater) revient sur le bien-fondé de la construction au cours de ce semestre de points de distribution de proximité, notamment 200 bornes fontaines sur toute l’étendue du territoire national. Tout comme il fait le point sur d’autres projets d’envergure de distribution d’’eau potable au Cameroun.
Monsieur le Directeur général, vous annoncez la construction de 200 bornes fontaines au cours du premier trimestre 2026. De façon concrète, comment cela va-t-il se réaliser, en termes de répartition, notamment dans les quartiers notamment ?
Nous tenons à rappeler d’emblée que ce projet obéit aux hautes directives contenues dans le discours présidentiel du 31 décembre 2025. La Camwater étant le bras séculier de l’Etat dans le sous-secteur eau et assainissement liquide, se met donc à l’œuvre pour assurer l’approvisionnement en eau potable en zones urbaine et péri-urbaine. En effet, la phase pilote du projet de construction de 200 bornes fontaines publiques pour rapprocher l’eau des populations, est pensée comme une réponse concrète aux besoins urgents des populations les plus vulnérables au cours du premier se mestre 2026. La répartition nationale témoigne d’une volonté d’équité territoriale. Les critères d’attribution et d’implantation seront définis par la Camwater, en concertation avec les communes partenaires, afin de garantir une localisation stratégique, au plus près des zones à forte concentration humaine et à forte demande hydrique. Ce projet structurant et tourné principalement vers les populations vulnérables est une mise en œuvre effective de la lourde mais exaltante mission à nous confiée par la Très haute hiérarchie, au bénéfice des populations.
L’objectif final de cette opération est d’améliorer la fourniture en eau potable. Combien de ménages devraient être impactés ?
Des millions de ménages seront impactés grâce à ce projet de proximité pensé et exécuté en étroite collaboration avec les collectivités territoriales décentralisées. Il s’agira de rapprocher durablement l’eau potable des ménages, soulager les femmes et les enfants, et offrir un accès sécurisé à une eau de qualité aux couches défavorisées. Nous allons favoriser l’extension du réseau d’eau de la Camwater et les nouveaux branchements vers les zones pauvres en eau afin de satisfaire le maximum de personnes. Dans un contexte de croissance démographique soutenue, ces nouveaux ouvrages viendront soulager la pression exercée sur les infrastructures existantes et apporter une réponse adaptée aux besoins quotidiens des populations. Les diligences y afférentes font déjà l’objet d’un suivi personnel du Directeur général. Plus qu’un projet, une promesse tenue. Avec la construction des 200 bornes fontaines publiques et la mobilisation de projets structurants majeurs, la Camwater inscrit résolument l’accès à l’eau potable comme un pilier du développement humain, de la justice sociale et de la stabilité nationale.
Monsieur le Directeur général, cette initiative est louable. Mais, est-ce une solution durable ?
Il convient de rappeler que cette initiative de la Camwater de construire des bornes fontaines est une mesure palliative dans les grandes agglomérations en attendant le démarrage effectif des différents projets d’envergure qui vont bientôt démarrer, à savoir notamment la reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé. En outre, deux autres projets majeurs qui viendront en soutien au projet d’alimentation en eau potable de ville de Yaoundé à travers le fleuve Sanaga (PAEPYS) et le projet d’urgence pour une meilleure intégration du volume d’eau potable du PAEPYS (PUMIP) déjà opérationnels et du Projet de réhabilitation et d’extension de la station de Japoma-Douala, qui vont renforcer significativement le taux de production actuelle.
Nous avons également une série de projets au profit des autres villes, notamment le Projet d’alimentation en eau potable 9 villes phase 2 (Maroua, Garoua, Garoua-Boulaï, Yabassi et Dschang) dont la livraison du chantier est prévue au cours de cette année. Bien d’autres projets sont dans le pipe afin d’améliorer substantiellement l’approvisionnement en eau potable pour tous, en respect du point 6 des Objectifs de développement durable. C’est donc dire que le gouvernement, à travers son bras séculier qu’est la Camwater, a mis les bouchées doubles pour améliorer substantiellement l’accès à l’eau potable des populations camerounaises. Nous ne ménagerons ainsi aucun effort, toutes nos équipes sont mobilisées à l’effet de la conduite harmonieuse de toutes ces opérations, au bénéfice des ménages camerounais.
Cette approche transitoire s’inscrit dans un dispositif cohérent et ambitieux, combinant réponses d’urgence et réformes structurelles, à travers plusieurs projets d’envergure. Parmi ceux-ci figure le projet de sécurité de l’eau au Cameroun, mis en œuvre sur financement de la Banque mondiale. S’y ajoute le projet PforR (Program for Results), également soutenu par la Banque mondiale, qui introduit une approche innovante fondée sur les résultats, la performance et la bonne gouvernance. Ce mécanisme accélère les réformes du secteur, optimise les investissements et garantit un impact mesurable sur l’accès des populations à une eau potable de qualité.
Par ailleurs, la Camwater a engagé une vaste campagne nationale de réalisation de 200 000 nouveaux branchements, destinée à rapprocher le réseau de distribution des ménages, à réduire les branchements frauduleux et à élargir durablement la base des abonnés. Cette opération d’envergure vient compléter efficacement les bornes fontaines publiques, en offrant une solution pérenne aux foyers éligibles au raccordement individuel.
Blaise Nnang, Source Cameroon tribune








