Filière cacao : Règlement européen sur la déforestation, une opportunité pour le Cameroun

C’est l’une des conclusions à retenir de la concertation sur le niveau de préparation exportateurs et les transformateurs à l’entrée en application du règlement européen sur la déforestation, autour du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, le 25 août 2026.

L’inquiétude du Cameroun n’est donc sur le respect ou non du règlement européen sur la déforestation. Lequel règlement qui entre en vigueur, le 30 décembre 2026, après deux reports déjà, exige de répondre à sept principales conditions d’accès à son marché, le principal point de chute du cacao camerounais par exemple. Il s’agit de la traçabilité du produit et la géolocalisation des parcelles, l’absence de déforestation, le respect de la réglementation nationale en matière foncière, environnementale, commerciale et fiscale, l’exercice de la diligence raisonnée et l’évaluation et l’atténuation du risque de non-conformité. Pour le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, « Nous sommes prêts, absolument prêts, catégoriquement prêts. Et certains qui doutaient de la capacité du Cameroun à se conformer, ils n’auront plus que leurs yeux pour pleurer, parce que le Cameroun est aujourd’hui considéré comme l’origine la plus en avance en cette matière-là ».

Pour le membre du gouvernement, c’est le résultat d’un travail engagé longtemps à l’avance. « Ces règlements étaient censés entrer en vigueur il y a deux ans en arrière. Et donc, nous, nous travaillons sur ces questions de durabilité, de déforestation, de traçabilité, de légalité. Nous y travaillons depuis maintenant cinq ans au moins, c’est-à-dire avant même le règlement de l’Union Européenne. Nous avions commencé notamment par la certification de notre cacao à travers les différents opérateurs. Donc, c’était plutôt des initiatives éparses. Ce n’était pas un mouvement d’ensemble. Le règlement a eu l’avantage, effectivement, de mettre tout le monde au même rythme et au même niveau. Mais sinon, c’est un travail qui a été lancé longtemps avant. Par conséquent, cinq ans après, naturellement, la réponse fuse. Elle va d’elle-même ».

Plutôt une opportunité pour le Cameroun

Loin de continuer à être considéré comme une exigence, le Cameroun voit plutôt en ce règlement, une opportunité. Celle de se professionnaliser, avoir une filière mieux organisée, en faisant le ménage dans la chaîne d’approvisionnement des exportateurs, par exemple, comme le voit Omer Maledy, le Secrétaire exécutif du Conseil interprofessionnel du cacao et café (CICC). Mais surtout, pour le ministre du Commerce, une opportunité de récompenser le travail, en payant le juste prix au producteur. « La seule chose que nous attendons, que nous espérons évidemment, c’est qu’il y ait une contrepartie. La contrepartie pour nous, c’est le prix. Nous espérons que quand on demande d’un côté, il faut qu’on donne de l’autre. Le marché doit pouvoir donner en récompensant la vertu, en récompensant le travail. Nous insistons sur la notion de prix rémunérateur, des prix équitables, oui aux exigences, mais en contrepartie, nous disons les prix, les prix, les prix, les prix », a lancé Luc Magloire Mbarga Atangana.

Pour le CICC, avec le règlement européen sur la déforestation, le prix au producteur camerounais pourrait être revu à la hausse. Le Cameroun a la meilleure image de la préparation de la mise en conformité avec le règlement de l’Union européenne, il y a également une demande pour cacao agro-forestier, une autre opportunité pour le cacao camerounais.

695 208 producteurs déjà identifiés et 843 597 parcelles géo-localisées

De l’état de mise en œuvre des exigences du Règlement de l’Union européenne fait par le CICC, il ressort que s’agissant de l’Identification et géolocalisation des producteurs et des parcelles, 695 208 producteurs ont déjà été identifiés et 843 597 parcelles géo-localisées. Aussi, les exportateurs disposent des outils mis à la disposition pour le suivi de la traçabilité du produit. Il s’agit de Geoshare et Camertrace, qui sont des plateformes de mutualisation des données de géolocalisation, déjà opérationnelles. En perspective, l’on annonce la poursuite de la géolocalisation des parcelles et la campagne de distribution de la fiche d’identification du producteur. Ces fiches d’identification, précise-t-on, seront distribuées aux producteurs, avec un numéro unique d’identification du producteur et de la parcelle, sur la plateforme internationale. Cette fiche sera présentée à celui qui viendra acheter le cacao, donc il suffira de scanner le QR code, et vous avez toutes les informations sur le producteur et la parcelle.

Pour les producteurs isolés ou ceux qui n’ont pas géo localisés, ils doivent se faire signaler auprès du CICC, pour les plantations datant d’après 2020 donc nouvellement deforestées, le cacao issu de ces plantations pourra être redirigé vers d’autres marchés en dehors de l’Union européenne. Donc, le cacao qui ne va pas répondre aux exigences de l’Union européenne ne sera pas banni. Il faut préciser que les exigences de l’Union européenne portent à la fois sur la fève et le produit transformé.  Et, Le contrôle est fait préalablement à l’embarquement. Donc, aucun exportateur ne risquer exporter un cacao non conforme. Sur l’exigence de zéro déforestation, 150 réunions ont été planifiées dans les bassins de production, et 65 ont déjà été faites et vont continuer, tous les acteurs respectent déjà là légalité, a-t-on appris du CICC.

Blaise Nnang

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