Distribution de l’eau potable : 36 mois pour améliorer l’accès à l’eau potable aux populations de Yaoundé

La pose officielle de la première pierre du Projet de reconfiguration du réseau d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et de ses environs, a eu lieu, le jeudi 25 juin 2026 à l’esplanade de l’hôtel de ville de la Commune d’arrondissement de Yaoundé 7, sous la présidence du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, en présence du ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative, Joseph Le et du Directeur général de la Cameroon water utiliies corporation (Camwater), Blaise Moussa.

C’est une nouvelle étape et un défi énorme dans la modernisation du système d’alimentation en eau potable de la capitale politique du Cameroun. 36 mois, c’est le délai que se donne la Cameroon water utiliies corporation (Camwater), pour garantir durablement l’accès des populations  de Yaoundé, Soa, Akak, Mfou, Bikok et Mbankomo, notamment celles qui ne disposent pas encore d’un accès régulier à l’eau potable ou qui subissent encore des perturbations de service. Garantir un accès à une eau potable de qualité, en quantité suffisante et à un coût socialement acceptable. C’est l’objectif fixé par le projet de reconfiguration du réseau d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et de ses environs, dont la pose officielle de la première pierre a eu lieu le 25 juin dernier.

Cet investissement structurant d’un montant de 111,6 milliards FCFA bénéficiera également, aux abonnés non domestiques, notamment les établissements scolaires, universitaires, hospitaliers, administratifs, commerciaux et industriels. À terme, de nombreux quartiers, villages et zones périurbaines de Yaoundé et de ses environs verront leur desserte améliorée grâce à l’arrivée de volumes d’eau supplémentaires produits et distribués par la Camwater. En effet, précise-t-on, le projet de reconfiguration vise à transformer durablement le paysage hydraulique de Yaoundé et à accompagner sa croissance démographique et économique. Les principaux objectifs poursuivis étant de porter la capacité d’absorption et de distribution du réseau à 480 000 m³ d’eau par jour contre environ 300 000 m³ actuellement ; optimiser l’intégration des productions issues des stations de Batchenga (PAEPYS), d’Akomnyada et de la Mefou ; éliminer progressivement les rationnements d’eau.

Mais également, garantir une pression minimale de 1,5 bar sur l’ensemble du réseau ; réaliser 30 000 nouveaux branchements sociaux et ordinaires ; réduire significativement les pertes physiques et commerciales d’eau ; faire progresser le rendement technique du réseau de 52 % à 75 % ; renforcer la qualité et la continuité du service public de l’eau potable ; accompagner l’urbanisation rapide de la capitale et accroître les performances financières et opérationnelles de la Camwater. Au-delà des chiffres, ce projet, vante-t-on à Camwater, constitue un puissant levier d’amélioration des conditions de vie des populations, de soutien aux activités économiques, de préservation de la santé publique et d’attractivité territoriale.

Impacts majeurs attendus

Complémentaire aux investissements déjà réalisés dans le cadre du PAEPYS, ainsi qu’aux autres projets structurants engagés par l’État et la Camwater, ce projet, informe-t-on, permettra notamment une amélioration significative de la disponibilité de l’eau potable ; une meilleure répartition des volumes produits sur l’ensemble de l’agglomération ; une diminution des interruptions de service ; une amélioration des pressions dans les quartiers situés en altitude ; une réduction des pertes d’eau. Mais aussi, une amélioration de la qualité de service offerte aux abonnés ; une augmentation du nombre de ménages raccordés et une contribution directe à la croissance économique et à la création d’emplois. Par cette nouvelle infrastructure stratégique, le gouvernement, rappelle-t-on, réaffirme sa détermination à faire de l’accès à l’eau potable un droit effectif pour tous les Camerounais et à accompagner le développement harmonieux de Yaoundé, métropole en pleine expansion.

Lors de la cérémonie de pose officielle de la première pierre de ce projet de reconfiguration du réseau d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et de ses environs, Blaise Moussa, le DG de Camwater a invité « les cocontractants à ne ménager aucun effort, de jour comme de nuit, pour la réalisation des travaux dans les règles de l’art, avec célérité, efficacité mais aussi en parfaite collaboration avec toutes les parties prenantes. A cet égard, la Camwater ne ménagera aucun effort pour vous accompagner et vous soutenir que les éventuelles contraintes pour la réalisation de cet important projet puissent être levées au bénéfice des populations de la ville de Yaoundé et ses environs, dont les besoins ne cessent de croître au quotidien. J’émets aussi le souhait pour toutes les parties prenantes travaillent ensemble pour la réussite de ce projet prescrit par le président de la République. C’est ensemble que nous pourrons relever cet important mais passionnant défi », a-t-il indiqué.

Une expertise étrangère requise

Prévus pour une durée de 36 mois, les travaux du projet de reconfiguration du réseau d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et de ses environs, seront réalisés par des entreprises internationales de référence, sous la coordination du gouvernement du Cameroun et de la Camwater. Les lots 1 et 2.1 ont été confiés au Groupement Putman-Phoenix Environnement  de Belgique. Il sera question pour ces lots de créer trois grandes zones de distribution périphériques : Abomé (Sud), avec la construction d’une station de pompage de 1 150 m³/h ; la construction d’un réservoir de 5 000 m³ ; les dessertes de Minkan, Odza, Abomé et du corridor de Nsimalen. Pour la zone Zibi Antenne (Sud-Ouest), il est attendu ici la construction d’une station de pompage de 1 450 m³/h ; la construction d’un réservoir de 4 500 m³ et la desserte de Mendong, Simbock, Nomayos et Mbankomo. Pour la zone Minkoameyos (Ouest), l’on prévoit la construction d’un réservoir de 3 750 m³ ; le renforcement de la desserte d’Oyomabang, Nkolbisson, Mbalgong et des quartiers environnants. Des travaux complémentaires sont également prévus. Notamment, la pose de 85 kilomètres de conduites primaires et secondaires ; le renouvellement des canalisations vétustes en fonte grise et acier et la réduction substantielle des pertes d’eau.

Une autre société belge, Aspac Technics s’est vue confié le lot 2.2 de ce projet. Les travaux sur ce lot consisteront à la pose de 62 kilomètres de conduites en PVC, PEHD et fonte ; le renforcement et extension des réseaux d’Atemengue, Etoug-Ebé, Minkoameyos et Zibi Antenne. Mais également, la sécurisation du transfert des eaux du PAEPYS, avec une conduite Etoudi – Nkoayos : 11,5 km (Ø 1 000 mm) ; une conduite Grande Mosquée – Messa : 1,5 km (Ø 800 mm). Pour sa part, l’entreprise italienne, GRuppo Aturia, aura à sa charge, le lot 3, avec comme travaux, la pose de 300 kilomètres de conduites tertiaires en PEHD ; la fourniture de 30 000 kits complets de branchements et le renforcement de l’accès à l’eau potable dans les quartiers densément peuplés et les zones en expansion.

Blaise Nnang

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