Port de Douala-Bonabéri : un nouveau terminal vraquier pour plus de compétitivité logistique

Le projet de construction d’un terminal vraquier de dernière génération sur la rive droite du Wouri, dont la pose de la première pierre a eu lieu, le vendredi 25 juillet 2025, au cours d’une cérémonie présidée par le Premier ministre, Chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, vise à désengorger les installations existantes, accroître du pays, et soutenir la montée en puissance de l’industrie nationale et régionale.

Le constat est fait par Cyrus Ngo’o, le Directeur général du Port Autonome de Douala (PAD). Avec une superficie d’environ 1 000 hectares déjà largement exploitée, le port de Douala-Bonabéri se trouve confronté à une limitation physique de ses capacités. Les projections ici font état d’un trafic de marchandises diverses et en vrac qui devrait passer de 8,1 millions de tonnes aujourd’hui à 11,7 millions en 2030, puis atteindre 21 millions de tonnes à l’horizon 2050. « Une croissance que les infrastructures actuelles ne peuvent absorber ». D’où l’urgence de cette extension sur la rive droite, qui « ajoutera 900 mètres linéaires de quai, trois nouveaux postes à quai (53, 54, 55), 36 hectares de terre-pleins, et un important dispositif logistique comprenant des zones de stockage, de manutention, et de raccordement routier, ferroviaire et énergétique », a détaillé l’Administrateur général d’Africa Ports Development (APD), Wissan Dakour El Aridi, partenaire du PAD dans ce projet.

Le nouveau terminal intègrera donc des unités de stockage de 120 000 tonnes, des entrepôts de 3 000 et 12 500 m², des bâtiments administratifs, des ateliers de maintenance, entre autres. Ainsi, selon les assurances de AFD, la première phase, d’une durée de 28 mois, sera opérationnelle au premier semestre 2028, avec une montée progressive en charge vers la pleine capacité. Cependant, ce terminal ne se limite pas à un projet logistique. Il ambitionne aussi de stimuler l’économie locale. Pour Cyrus Ngo’o, « À travers la réalisation de cet important projet, la rive droite du Wouri est donc appelée à très court terme, à devenir un nouveau pôle d’essor, un prolongement stratégique de notre plateforme portuaire, pensé pour la performance, conçu pour l’attractivité, et orienté vers une compétitivité durable…Au-delà des infrastructures, c’est l’image même du Port de Douala-Bonabéri qui se redessine : une entreprise moderne, un port moderne, résilient, et résolument tourné vers les standards internationaux. Ce projet renforcera notre ambition de hub sous régional et contribuera à l’accélération de la croissance économique du Cameroun et de la sous-région ».

258 milliards FCFA de recettes attendues par le  PAD

Fruit d’un partenariat public-privé (PPP) de type Build-Operate-Transfer (BOT), ce projet sera entièrement financé et réalisé par le groupe britannique Kharam Trading Holding, via sa filiale Africa Ports Development (APD). Et, le PAD, de son côté, engrangera 106 milliards de redevances. Pour Wissan Dakour El Aridi, ce partenariat est une réponse intelligente aux contraintes budgétaires, et un levier pour mobiliser l’expertise et les ressources du secteur privé. Pour lui, il s’agit d’un montage avantageux : « l’État ne prend aucun risque financier, tout en percevant 258 milliards FCFA de recettes sur la durée de l’exploitation (25 ans), dont 152 milliards issus de la fiscalité », et 106 milliards de FCFA sous forme de redevances pour le PAD. Soit une enveloppe annuelle de 4,2 milliards de FCFA. Cet afflux financier permettra de consolider les ressources de l’État et de soutenir le développement d’autres projets d’infrastructures nationaux.

« La particularité de ce partenariat public privé qui fait appel à des ressources mobilisées sur l’ensemble des filiales du groupe en Afrique centrale et pour un montant de 96 milliards. L’idée pour notre groupe, c’était de consolider le partenariat déjà engagé avec le port autonome de Douala. Et surtout, accompagner cette vision, cette vision structurante qui fera vraiment du port autonome de Douala, un port de référence conformément aux instructions et à l’admission du chef de l’État », a expliqué Léon Koffi (PCA AFG holding), partenaire financier du projet. « Aujourd’hui, c’est important de noter que d’autres acteurs de la place ont déjà marqué leur intérêt pour venir rejoindre des consortiums. Mais aujourd’hui, le projet peut être lancé à nouveau. Donc, un financement au résumé de 96 milliards sur 9 ans avec un différé de 3 ans nous permettrait de ne pas parler du taux d’intérêt », a-t-il ajouté.

Plus de 4 000 emplois directs à créer

« Ce n’est pas qu’un quai : c’est un pôle économique en gestation. Ce chantier donne corps à une ambition exprimée dès 2011 par le Président Paul Biya : faire de Douala ‘’le port de référence du Golfe de Guinée’’», a résumé le Directeur général du PAD. Avant d’ajouter que « Ce chantier traduit notre volonté de bâtir un port tourné vers la performance et l’avenir ». Conçu dans le cadre du Schéma Directeur 2020–2050 du PAD, ce terminal marque le début d’une transformation en profondeur de la plateforme portuaire, aujourd’hui arrivée à saturation. a indiqué Cyrus Ngo’o, DG du PAD. Financé à hauteur d’environ 233 milliards de FCFA, le projet sera réalisé en plusieurs phases. Pour la première d’un investissement d’environ 97 milliards de FCFA il sera question de construire un terre-plein de 12 hectares (sur les 36 hectares prévus) qui accueillera le terminal composé de plusieurs autres infrastructures.

Blaise Nnang

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