Sylvestre Essono Messanga : « Le discours que nous tenons aux producteurs, c’est n’abandonnez pas vos plantations »
Le Chef de département des opérations au Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) donne les conseils aux producteurs de cacao à ce moment où les prix connaissent une chute vertigineuse
Monsieur le Directeur des opérations au CICC, on constate comme un vent de démotivation en ce moment des producteurs de cacao, face à la chute des prix, quel message pouvez-vous leur apporter ?
En vérité, ils ne sont pas démotivés. Et je ne peux pas, en tant qu’un acteur de la filière de longues années, je ne peux pas leur tenir un moindre mot de démotivation. Pour la simple raison que les producteurs, les gens de la terre ont ce qu’on appelle le bon sens paysan. Ils savent d’où ils viennent. Ils savent qu’il y a environ 10 ans, nous étions exactement à ce prix. Vous voyez un peu, entre 800 et 1000 FCFA, on a progressé, le marché a accepté notre cacao, on a atteint 2000, 2500, 3000, on a atteint les sommets. En dehors d’un travail intrinsèque qui a été fait sur le terrain en matière d’amélioration de qualité, nous n’avons pas utilisé un levier particulier pour que le marché atteigne ces niveaux et que nous en profitions. Maintenant que les leviers qui nous sont exogènes ont fonctionné et que ça recommence à chuter, nous ne pouvons que développer Des capacités de résilience, nous ne pouvons qu’activer, pas développer nos capacités de résilience en travaillant sur des axes qui permettent de compenser. C’est-à-dire quoi, améliorer la productivité, améliorer la qualité. Vous voyez que si vous produisez 600 kilos à l’hectare, quand ça coûte 4000, c’est bon. Si vous produisez 800 kilos quand ça coûte 1000 francs, vous n’êtes pas très perdant parce que vous avez augmenté la quantité malgré que le prix soit descendu.
Donc en ce moment, le discours que nous tenons aux producteurs, c’est n’abandonnez pas vos plantations, nous savons que c’est un investissement, mais vous pouvez ne plus faire 100%, parce que vous n’avez pas les moyens, mais faites au minimum 50% d’entretien pour maintenir vos plantations. Vraiment, c’est un message concret, pragmatique, parce que le cycle des prix, nous ne le maîtrisons pas. Mais tout ce qu’on a constaté, c’est que le cacao va augmenter à un moment ou à un autre, et il ne faudrait pas qu’à ce moment, que ça trouve que nous avons coupé, que nous avons abandonné, et ainsi de suite. Parce que, qu’est-ce qui s’est passé justement, beaucoup avaient abandonné, on coupait, quand les prix ont atteint les 4 000, 5 000, ils se sont mis à replanter. C’est ceux-là qui sont en train peut-être de se décourager, de se poser des questions. Mais nous, on a toujours tenu ce discours, densifions nos plantations, rechargeons, profitons de la conjoncture pour améliorer les itinéraires de production, pour diminuer les charges de production. C’est vraiment ça le message que nous essayons de tenir ».
Propos recueillis par B. N








